Les Saint-Gillois n’y auront droit qu’en playoffs, s’ils passent, mais pas encore à l’Aspmyra Stadion, où ils évolueront devant 8 000 personnes, dont 42 supporters belges. Ce sera tout sauf évident face à « Glimt », qui est devenu l’attraction numéro un de la ville située juste au-dessus du cercle polaire. Et de tout le foot norvégien, même, se construisant une réputation de terreur au fil de ses performances européennes des trois dernières saisons. City, Inter Milan, Lazio, Tottenham, Sporting Portugal : tous ont trébuché dans le tapis synthétique du vice-champion 2025 qui occupe la tête de son championnat et est en bonne forme.
L’heure d’une première clean sheet ?
Car Bodø est bien lancé dans un exercice qui a commencé en avril. Il a su sauver l’essentiel au match aller en reprenant miraculeusement le point du nul dans les arrêts de jeu (3-3). L’Union a-t-elle laissé passer sa chance à ce moment ? C’est à elle à prouver que ce n’est pas le cas. Elle devra éviter un nouveau coup de froid dans une soirée norvégienne où il ne fera déjà que dix degrés et montrer que, même sans Burgess, sans Sykes, même avec son gardien numéro 2 dans les buts, elle est capable de tenir le zéro.
« On a appris du match aller qu’il faudra mieux défendre sur les coups de pied arrêtés », répond David Hubert, qui ne veut pas non plus en faire tout un plat. « Disons que si on a encaissé lors des matchs précédents, on a à chaque fois su corriger cela directement sur le terrain en égalisant. Mais ça ne doit pas devenir une habitude. Pourquoi pas prendre l’avantage en premier, pour une fois… puis le conserver ? On doit tirer les leçons de l’aller et montrer cette maturité nécessaire. »

Beaucoup de joueurs de l’Union sont soit blessés soit non-repris en Coupe d’Europe. ©BelgaimageUn match à 4 millions
Faire fructifier toute l’expérience acquise lors de la campagne de C1 2025-26. Pour aller chercher un barrage qui garantit un gros chèque de l’UEFA : 4,29 millions € si l’Union ne franchit pas ce dernier obstacle, voire le jackpot de la C1 si elle élimine ensuite l’Olympiacos ou NEC.
Pour y parvenir, l’équipe saint-gilloise devra s’inspirer de ses city-trips des dernières années. Les Jaune et Bleu savent voyager et ont sorti de grandes prestations au Galatasaray, au PSV, à l’Ajax, à Twente, à Francfort, à Berlin ou à Braga dans un passé un peu plus lointain. À eux d’ajouter Bodø à la liste des grandes performances signées en déplacement plutôt qu’à celle des troisièmes tours préliminaires de C1 terminés avec des regrets.
Hubert ne pourra compter que sur un effectif très réduit vu les blessures et l’absence de joueurs formés au club qui empêche l’Union d’inscrire certains éléments. « Mais on ne veut pas chercher d’excuse. » Comme celle de la pelouse synthétique norvégienne. Plutôt chercher à réduire l’impact du titre perdu durant les playoffs en rejoignant par l’itinéraire bis la plus belle des Coupes d’Europe. Et réembarquer dans l’avion du retour, sur le coup de 22 heures ce mardi, en regardant le soleil se coucher lentement sur les fjords voisins avec les rêves de C1 intacts.