Vitor Bruno l’adore
Il est clair, depuis le début de la préparation, que Bruno est fou de son jeune milieu offensif qui est tout aussi à l’aise sur le flanc. Lors du match amical contre l’AZ (1-0), Noa a bénéficié de 45 minutes au cours desquelles il a confirmé tout le bien que Bruno avait vu à l’entraînement. L’international espoir néerlandais Ro-Zangelo Daal peut en témoigner. Il a tout simplement été mis de côté lors d’un duel, alors que Noa a six ans de moins que lui. Tout au long des 45 minutes, Bruno n’a pas arrêté de le coacher.
Tout comme l’autre Noah, Kalonji (17 ans), un médian défensif, Ojea était la surprise dans les sélections de match contre Hammarby. La justification de Bruno : « En un contre un, il est très dominant et il possède un bon pied gauche. Balle au pied, il est capable de tourner très court et rapidement. Il voit bien le jeu et compte sur une bonne technique de frappe. » Contrairement à un Stroeykens ou Hatenboer, il s’est également envolé pour le PAOK, mais n’y a pas obtenu de temps de jeu. Jusqu’à la 89e minute contre La Louvière, alors que le score était encore de 1-1. Le public est resté perplexe face à ce changement surprenant opéré par Bruno.
Buteur contre le Real Madrid
En réalité, Bruno est charmé par Ojea depuis qu’il a vu les images d’Anderlecht à la Future Cup de l’Ajax, que le Sporting a remportée en avril dernier après notamment deux victoires contre le Real Madrid et une contre Lyon. Tout comme Kalonji, Ojea avait été étincelant lors de ce prestigieux tournoi. Il faisait partie de la colonne vertébrale de l’équipe et s’est distingué par sa bonne lecture de l’espace, sa prise de décisions ainsi que par ses buts.
Au total, il y a marqué trois buts, dont un contre le Real et un contre Lyon. Avec les U18 d’Anderlecht, il a marqué trois fois en 17 matchs, notamment contre son ancien club, le Standard (3-1). À la fin de la saison dernière, il a bénéficié de deux montées au jeu avec les RSCA Futures en 1B.
« Je me sentais moins à l’aise au Standard »
Ojea est donc un produit du Standard. « J’ai commencé le football à Bas-Oha à 4 ans, disait-il il y a deux ans dans L’Avenir, lorsqu’il avait signé son premier contrat pro pour Anderlecht. J’y suis resté jusqu’en U7. Puis, le Standard m’a repéré et j’y suis resté quelques saisons avant de partir à Anderlecht en U15. »
La raison de son départ vers le grand rival ? « Cela se passait bien au Standard, mais à un moment, je m’y sentais moins à mon aise, on jouait moins avec moi, même si je marquais encore beaucoup (NdlR : en U13, il a marqué 34 buts). Quand Anderlecht s’est proposé, je n’ai pas hésité. C’est un club qui me correspond plus car je suis un joueur technique, on travaille beaucoup cet aspect depuis que j’y suis. Je pense que le projet me correspond mieux. »
Anderlecht n’était pas le seul club intéressé : l’Ajax, Lille et le Club Bruges le voulaient aussi absolument. « Guilian Preud’homme (ancien CEO des U23 du Club Bruges, maintenant Directeur recrutement de l’équipe A) s’est même déplacé pour lui, dit son papa Michel. Mais on a opté pour Anderlecht. »
Son papa a joué avec Guillaume Gillet
Son papa n’est pas un inconnu dans le football wallon : il a joué dans plusieurs clubs de la région de Huy et Waremme. En 2003 et 2004, il a atteint la deuxième division avec Visé. Il y évoluait au milieu de terrain aux côtés, entre autres, du jeune Guillaume Gillet, l’actuel coach des U16 d’Anderlecht.
« Noa a beaucoup plus de percussion que ce que moi j’avais », dit son papa dans l’Avenir au moment de la première signature de son fils à Neerpede. Bien qu’il ait toujours été un grand supporter du Standard – on suppose que son cœur balance actuellement entre les deux –, Michel a soutenu le transfert de son fils du Standard à Anderlecht. « Anderlecht prône un foot plus technique et basé sur la conservation du ballon là où le Standard axe plus sur le physique et la récupération », disait-il dans cette même interview.
Buteur en finale de l’Euro
Ojea compte neuf sélections avec les équipes nationales de jeunes U16 et U17. « Un profil à la Arjen Robben », dit de lui le sélectionneur des U16 nationaux, David Penneman, en 2024 déjà. « Il est gaucher et ses actions sont parfois un tantinet prévisibles, mais même là, il est presque impossible à arrêter. Noa est orienté vers le but et c’est un joueur capable de créer quelque chose à partir de rien. »
L’ambition d’Ojea ne manque pas, mais selon Penneman, elle est tout à fait légitime. « Une fois que Noa se sera développé physiquement, cela pourrait aller très vite pour lui à Anderlecht. C’est un futur grand talent. » Penneman a vu juste.
Début juin, Ojea a marqué l’unique but de la finale de l’Euro U17 contre l’Italie (1-1), après quoi la Belgique s’est inclinée aux tirs au but. Il a d’ailleurs été l’un des deux joueurs à manquer son tir au but.
Son nom complet – Ojea-Cobiella – laisse déjà deviner ses origines. Tout comme Fernandez-Pardo, il a des racines espagnoles du côté de son père. Pour l’instant, il n’a joué que pour l’équipe nationale de Belgique et pas pour l’Espagne.
In extremis dans la liste de Van Himst, Doku…
Comme il a débuté avec l’équipe A d’Anderlecht la veille de son anniversaire, il fait in extremis partie du cercle des grands talents qui ont disputé leur premier match à l’âge de 16 ans. Il rejoint des noms tels que Van Himst, Lukaku, Tielemans, Doku, De Cat, Vanden Borre, Lamptey, Babayaro, Duranville, Stroeykens et Adjani Mujangi Bia. Stroeykens peut quant à lui quitter le club, Bruno ne comptant visiblement pas sur lui. Quant à Adjani Mujangi Bia, détenteur absolu du record avec ses débuts à 15 ans, il ne figure actuellement pas dans la sélection du Portugais.
Tout comme la majorité des noms cités ci-dessus, Ojea met la barre haut. Sa grande idole est Cristiano Ronaldo, dévoilait-il en 2024. « Je regarde énormément de vidéos de lui pour m’en inspirer, confiait-il à L’Avenir. Un jour, j’espère aussi gagner le Ballon d’or. Mais je veux d’abord percer en équipe première à Anderlecht. »
Il est bien parti pour réussir son pari.