Le 1er septembre, après 17 minutes sous le maillot zébré et un accrochage avec Cheick Keita à l’entraînement, la recrue était déjà exfiltrée en France du côté de Guingamp.

Voici pourquoi Freddy Mbemba va déjà quitter Charleroi après moins de deux mois en BelgiqueBlessure musculaire et carton rouge maladroit

« L’an dernier, l’état d’esprit de Freddy n’était pas top. Il pensait qu’il jouerait obligatoirement. Du coup, il n’acceptait pas la concurrence », confie Mario Kohnen.

« C’est vrai qu’il était parti un peu tôt, sourit Antoine Bernier. Il s’est remis en question et il est revenu avec une autre détermination cette année. »

Une résilience qui lui a permis d’obtenir dimanche quasiment autant de temps de jeu que la saison passée en Pro League, en entrant à la 79e minute face à Louvain, et en étant déjà décisif avec le but du 3-1 « qui nous a fait du bien pour tuer le match », dixit Bernier.

Mais qu’est-ce qui a donc changé en un été ? « Le déclic, je l’ai eu quand j’étais à Guingamp. J’ai gagné en maturité car ça ne s’est pas très bien passé pour moi. J’ai vécu une année difficile », reconnaît le principal intéressé.

En Bretagne, dans les méandres de la Ligue 2, il disputera 25 rencontres, pas souvent titulaire, pour une seule petite réalisation inscrite.

« Je qualifierai son passage de rendez-vous manqué, constate Dylan Le Mée, suiveur de l’En Avant pour le quotidien Ouest-France. Il est arrivé tardivement et ce genre de mouvements représente rarement de bons coups. Il y avait une hiérarchie en place mais le pire, c’est qu’il y avait moyen de la déloger, que ce soit à gauche ou à droite. »

Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné ? « Il y a toujours eu un grain de sable. Une blessure musculaire l’a éloigné des terrains durant un mois et demi, poursuit le journaliste. En janvier, il réalise une bonne entrée contre Troyes mais il récolte un carton rouge en fin de match pour un geste maladroit. Ça l’a coupé dans son élan. »

guillement

Le hic, c’était son dernier geste. Il mettait 90 % des ballons à côté, même quand il n’y avait pas de défenseur.

Il a refusé Sochaux cet été

Au placard là-bas aussi en fin d’exercice alors que Guingamp préparait déjà l’exercice à venir, Mbemba voit sa cote encore être attractive aux yeux de clubs qui l’ont affronté lorsqu’il était une terreur du National (troisième division) avec Versailles.

Promu en Ligue 2, Sochaux est proche de conclure son prêt cet été. Plus posé, Mbemba, lui, est bien décidé à laver l’affront dans le Hainaut.

« En revenant, j’ai gardé les pieds sur terre. J’ai vu la chance que j’avais d’être ici. Et puis, le coach est différent avec moi. Il me parle beaucoup. »

Si la relation n’avait quasiment jamais existé avec Rik De Mil, l’entraîneur l’ayant rapidement mis hors de la sélection, le courant passe avec Kohnen.

« Freddy a complètement changé sa façon de voir les choses, justifie le germanophone, adjoint à l’époque sous De Mil. C’est agréable de bosser avec lui car il travaille différemment. »

Avec un état d’esprit à l’opposé de ce qu’il avait jusqu’à présent montré. « Je suis revenu avec une autre mentalité, avec de l’humilité. J’ai bien compris que ce n’est pas parce que j’ai marqué aujourd’hui que je dois être titularisé dimanche prochain.

guillement

J’ai bien compris que ce n’est pas parce que j’ai marqué que je dois être titularisé dimanche prochain.

Contre Louvain, il a aussi prouvé qu’il n’y a pas que la tête qui avait changé. « À Guingamp, il y avait beaucoup d’attente car ses qualités athlétiques sautaient aux yeux et on voyait que c’était un gros bosseur. Le hic, c’était son dernier geste. Il mettait 90 % des ballons à côté, même quand il n’y avait pas de défenseur », se souvient Le Mée.

En trompant van den Heuvel, après avoir fait danser Dussenne d’un crochet, Mbemba a montré que dans ce domaine, il avait aussi progressé. Et qu’à seulement 23 ans, son âge était encore florissant pour se métamorphoser.