
Publié le 11 août à 15h33
Ajoutez-nous à vos favoris Google
À Han-sur-Lesse, les archéologues replongent dans la Lesse pour poursuivre des fouilles entamées il y a plus de 60 ans. Notre journaliste Frédéric Delfosse s’est rendu sur place pour tenter de comprendre l’importance de ce travail. Que font exactement les scientifiques et qu’ont-ils déjà découvert ?
À Han-sur-Lesse, les archéologues ont repris leur travail dans la rivière. Depuis plus de 60 ans, les fouilles menées à la sortie de la célèbre grotte permettent de remonter le temps et de retrouver les traces laissées par ceux qui nous ont précédés. Cet été, les scientifiques préparent notamment le terrain pour poursuivre leurs recherches.
À lire aussi

Des « squelettes entassés les uns sur les autres » : l’incroyable découverte d’archéologues à Jambes
À la sortie de la grotte de Han, la Lesse offre un peu de fraîcheur en cette journée du 11 août, constate notre journaliste Frédéric Delfosse. Mais dans la rivière, pas question de simplement profiter du décor. Plusieurs archéologues et plongeurs sont à pied d’œuvre pour poursuivre un chantier entamé il y a plus de 60 ans. « Ici on fouille, on regarde ce que le passé peut nous apprendre, et ce qu’on peut retirer de ce que ceux qui nous ont précédés, ce qu’ils ont laissé comme trace », explique encore notre journaliste.
« Des opérations de maintenance »
Et pour coordonner les équipes à pied d’œuvre dans différents bateaux, c’est Christophe Delaere, archéologue au FNRS à l’ULB, qui est à la barre. Son rôle : gérer le chantier et diriger les opérations de fouille.
Cette année, les équipes mènent avant tout des opérations de maintenance. L’objectif est de préparer la zone afin que les fouilles archéologiques puissent se poursuivre dans de bonnes conditions. « Aujourd’hui, on est sur des opérations de maintenance. Il y a notamment un plongeur avec un aspirateur à sédiments, qui va mobiliser plein de personnes. L’objectif de cet aspirateur étant de retirer des sédiments de crues qui se sont accumulés pendant l’hiver dans la tranchée de fouilles », explique Christophe Delaere.
« Tout ça pour pouvoir dégager des blocs afin de les typographier [mesurer et enregistrer avec précision les coordonnées spatiales des vestiges et de leur environnement pour en tracer un plan exact, NDLR]. C’est l’enregistrement archéologique », détaille-t-il ensuite.
Évacuer les blocs dangereux
« Et par ailleurs, on a toute une série de blocs, vu qu’on est en contexte karstique [c’est-à-dire que le site est plongé dans une zone de roches calcaires dissoutes par l’eau, ici la Lesse, NDLR], qui gênent, voire qui sont dangereux. Donc on est en pleine opération d’année intermédiaire pour garantir la fouille après », explique encore Christophe Delaere.
« Notre approche, c’est une tranchée de fouilles de 8 mètres de large qui va de la rive gauche à la rive droite. Et en fait, les archéologues, ils vont, année après année, investiguer les sédiments, les blocs et enregistrer tous les niveaux archéologiques », précise Christophe Delaere. Une méthode qui leur permet de reconstituer progressivement l’histoire du site.
Les archéologues sont donc occupés à retirer les sédiments et les gros blocs accumulés qu’il y a dans le fond de la rivière et qui pourraient potentiellement gêner la suite des fouilles. Mais à côté de ça, les recherches avancent et ont déjà permis de trouver certaines pièces exceptionnelles.
Remonter jusqu’à 4.000 ans en arrière
Des fouilles qui ont permis jusqu’ici de remonter jusqu’à 4.000 ans en arrière : « Il faut imaginer que cette rivière conserve au moins des traces de nos ancêtres sur les cinq derniers millénaires. Donc on a du gaulois, on a de l’époque romaine, etc. », illustre le chef des opérations.
À lire aussi
Et si le domaine de l’archéologie vous intéresse, vous intrigue ou vous passionne, les visiteurs qui sortent de leur visite des grottes de Han et qui le souhaitent, peuvent observer le travail des archéologues et de leurs équipes qui seront là jusqu’à peu près la fin des vacances, soit encore une dizaine de jours.
province de Namur
Rochefort (prov. de Namur)
Wallonie
Belgique
