Cinq ans après avoir lancé l’alerte sur les dangers des réseaux sociaux pour les adolescents, Frances Haugen s’inquiète de l’utilisation de l’IA par les jeunes. Ingénieure américaine devenue lanceuse d’alerte, elle a fait trembler les réseaux sociaux pour la première fois en 2021.
Née dans l’Iowa et fille de deux professeurs, elle étudie l’informatique et obtient une maîtrise en administration des affaires à la Harvard Business School. Elle travaille d’abord comme ingénieure et chef de produit pour de grands noms de la Silicon Valley, dont Google Search ou Pinterest. Recrutée en 2019 par le géant Facebook pour lutter contre la désinformation, l’ingénieure de 42 ans divulgue trois ans plus tard 21 000 documents internes de la multinationale appartenant à Mark Zuckerberg. Dans ces milliers de documents internes, elle y trouve de quoi accuser les dirigeants de l’entreprise de ne pas prendre en compte les dangers des réseaux sociaux sur les adolescents et de privilégier les profits de l’entreprise face à la sécurité publique.
Qui est Frances Haugen, l’ingénieure américaine à l’origine des « Facebook Files »?
Ces révélations publiées par le Wall Street Journal ont fait perdre six milliards de dollars à l’entreprise américaine. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes. La lanceuse d’alerte a aussi témoigné devant le Congrès américain, les parlements britannique et européen, le Sénat français et l’Assemblée nationale. Du côté des utilisateurs, de nombreuses familles intentent depuis lors des procès contre l’entreprise. À la suite de l’affaire, Frances Haugen se voit proposer de nombreux postes dans des entreprises américaines mais elle préfère poursuivre « d’autres projets qui la passionnent davantage ». En 2022, elle annonce la création de l’ONG Beyond the Screen, qui a pour but d’assainir les réseaux sociaux en créant une base de données qui regrouperait toutes leurs infractions, d’ordre légal ou éthique.
La lanceuse d’alerte américaine Frances Haugen encourage l’UE à réguler les géants du numérique
Dans une interview donnée au journal espagnol El País, en juin dernier, Frances Haugen confie qu’elle considère que « la situation est pire qu’au moment des Facebook Files », mettant en avant les dangers de l’IA et des amis virtuels pour les jeunes. Après les poursuites pour des cas d’automutilation et pour des enfants décédés à la suite de conversations avec des amis virtuels générés par l’IA aux États-Unis, l’ingénieure affirme que « si nous n’étendons pas la protection des utilisateurs aux conversations avec des amis numériques, les mêmes problèmes que ceux liés aux conversations sur les réseaux sociaux se répéteront ».
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