Les obsèques de Marie-Paule Belle ont été célébrées le 3 août dernier en l’église Saint-Roch à Paris. Virginie Gazano sa cousine, Cathy Terrazzoni notre consœur et amie de toujours de cette dernière, toutes deux présentent lors de la cérémonie funéraire, témoignent pour Corse-Matin.

Marie-Paule Belle chantait « Je ne suis pas parisienne ». C’est bien vrai car elle était avant tout bonifacienne par ses origines, avec une grand-mère Carrega, à l’instar de cousine Virginie Gazano.

« Nos grands-mères étaient sœurs », retrace-t-elle avant de décrire la personnalité de Marie-Paule Belle.

« J’ai le souvenir d’une cousine attachante, très drôle, musicienne jusqu’au bout des ongles, pianiste et guitariste. Son horizon musical était éclectique, et allait de Rachmaninov à Louis Armstrong qu’elle imitait parfaitement, en passant par Astor Piazzolla. La musique était sa vie. »

La Corse et la famille chevillées au coeur

Outre son talent musical, c’est aussi un attachement viscéral à la Corse et à sa famille, qui définissent Marie-Paule Belle.

« Très famille, la Corse, sa terre de ressource et particulièrement Bunifaziu, ses racines, comptaient pour elle, reprend sa cousine. Je me souviens lors d’une de ses venues dans la cité des falaises, une visite au cimetière, devant la tombe de la famille Carrega, elle avait été attentive à l’évocation de l’arbre généalogique des siens. »

Si sa carrière a été remarquable au point que Marie-Paule Belle a même été disque d’or, cette dernière a toujours su rester humble. « Malgré le succès, elle est demeurée modeste, se souvenant de sa période  »vache enragée » de ses débuts à l’Echelle de Jacob, avant l’Olympia, Les Folies Bergères et le Casino de Paris qui lui ont ouvert leurs portes. »

Au sujet de son dernier concert, lorsqu’elle s’est produit au Casino de Passy au mois de mai 2026, sa cousine déclare : « C’était fabuleux, elle a tout donné malgré la maladie, sous les acclamations du public », se remémore-t-elle avant de recommander la lecture de son ouvrage Comme si tu étais toujours là, paru chez Plon, dans lequel elle évoque sa relation avec Françoise Mallet-Joris.

« Une personnalité et une artiste hors norme »

Notre consœur Cathy Terrazzoni, malgré l’émotion, témoigne pudiquement d’une amitié longue de soixante ans. Et se souvient également de ce dernier spectacle et de la chanson Le piano noir, que Marie-Paule Belle avait dédié en hommage à leur relation amicale.

« Elle aimait partager avec son public, ses amis, elle laisse un grand vide dans nos cœurs, restent ses albums, sa complicité avec Serge Lama et Charles Aznavour. »

Quand elle parle de son amie, Cathy Terrazzoni évoque une « sœur de cœur ».

« Nous étions amies depuis la classe de 3e au lycée Calmette de Nice, nous avons partagé l’adolescence faite de 400 coups, et de complicité, avant de partir pour Paris faire carrière », retrace-t-elle.

Déjà à l’époque, « elle témoignait d’un vrai talent artistique », assure-t-elle en évoquant « sa participation à un radio-crochet de Radio Monte Carlo, la station de la belle époque qui inondait de ses ondes le Sud jusqu’à la Corse, grâce à laquelle elle avait gagné un voyage au Canada ».

À l’instar de sa cousine Virginie Gazano, il est impossible d’évoquer Marie-Paule Belle, sans mentionner son lien très fort à la Corse.

« Tout au long de sa vie, elle a gardé une attache très forte à son île d’origine, fidèle dans une amitié solaire jamais rompue », confie-t-elle avant de louer le sens de l’adversité de cette dernière, notamment face à la maladie.

« J’ai suivi sa maladie de près, elle a affronté avec courage le crabe, gardant son humour, son dynamisme. Ses entretiens radiophoniques que l’on peut suivre en podcasts, qui témoignent d’une personnalité et d’une artiste hors normes. »