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À Foix, en Ariège, les places de stationnement réservées aux personnes à mobilité réduite sont jugées trop peu nombreuses par les usagers. Pire : certaines sont temporairement neutralisées par des installations techniques. La mairie reconnaît les difficultés et envisage de nouveaux emplacements. La Dépêche du Midi vous explique.
Il faut parfois tourner longtemps avant de trouver une place. Et pour une personne en situation de handicap, la recherche peut rapidement devenir un véritable parcours du combattant. À Foix, alors que le centre-ville compte 1 606 places de stationnement ouvertes au public — dont 1 014 gratuites, 580 payantes et 12 réservées aux arrêts minutes — les emplacements dédiés aux personnes à mobilité réduite (PMR) restent particulièrement rares.
« C’est vraiment contraignant, il n’y en a pas suffisamment », assure Gilbert Midun. Locataire de la résidence Barbacane, ce retraité atteint de la maladie de Parkinson évite autant que possible de déplacer sa voiture. « Quand je vais faire mes courses dans la zone d’activité, je ne sais pas si, au retour, je trouverai une place libre proche. Parfois, je suis obligé d’aller sur Villote, sans garantie. C’est une grosse difficulté », raconte-t-il.
Dans l’hyper-centre, le décompte donne une idée de la difficulté : trois places au parking du Champ-de-Mars, une rue Sénateur-Paul-Lafond, deux devant le square du Souvenir-Français, trois sur les allées de Villote, une devant la résidence Pyramide et deux devant la MAIF et la MSA.
Une place PMR occupée par un local technique
Le problème est encore plus visible lorsque ces rares emplacements sont eux-mêmes neutralisés. Devant la MSA, l’un des deux est indisponible depuis le 9 juillet. À sa place : un local technique.
« Nous sommes déjà trois personnes dans le secteur pour seulement deux stationnements, et c’est compliqué. Avec cette place en moins, c’est presque impossible, surtout qu’elle est la seule possédant une rampe d’accès au trottoir », se désole une personne en situation de handicap, qui souhaite rester anonyme.
Interpellé sur cette situation, le maire de Foix, Jérôme Matéos, reconnaît le problème. « Ce n’est pas normal qu’il occupe une place PMR. C’est bien l’un de nos algécos, mais je ne comprends cependant pas pourquoi il est là depuis autant de temps. Il va être retiré dans les prochains jours », assure l’élu.
Pour les personnes concernées, ces quelques mètres supplémentaires peuvent pourtant changer complètement la donne.
« Je ne peux pas marcher trop longtemps »
Au parking du Champ-de-Mars, un autre usager attend dans sa voiture. Didier Naze vient d’y déposer son fils chez le médecin. « Je ne peux pas marcher trop longtemps, mon handicap ne me le permet pas. Malheureusement, il m’arrive de tourner un moment avant de pouvoir me garer », explique-t-il.
Par habitude, il se dirige donc systématiquement vers ce parking. Mais il découvre ce jour-là un autre problème : la gratuité dont bénéficient les détenteurs de la carte de stationnement PMR.
« Je viens juste d’apprendre que nous pouvions stationner gratuitement. Je n’en savais rien, personne ne me l’a dit. Aujourd’hui, j’ai mis 1,20 euro dans l’horodateur, ce n’est pas grand-chose, mais cela pourrait être signalé », estime-t-il.
Le père de famille redoute surtout une verbalisation. « Nous avons tous peur de prendre une amende, alors je trouve que le dire, ou mettre un ticket spécial pour les PMR, ce serait bien. J’aimerais que Foix soit plus organisée sur cette cause. »
La carte de stationnement permet pourtant de bénéficier de la gratuité sur l’ensemble des stationnements. « Si jamais une amende est mise alors que le conducteur possède la carte, il peut y faire opposition. Je m’occuperai de la faire sauter », assure Jérôme Matéos.
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Un nombre de places encadré par la loi
La mairie ne peut toutefois pas décider librement du nombre de places PMR à créer. Leur implantation est encadrée par l’arrêté du 20 avril 2017, qui prévoit que les places adaptées représentent au minimum 2 % du nombre total d’emplacements ouverts au public. Au-delà de 500 places, leur nombre est fixé par arrêté municipal, sans pouvoir être inférieur à dix.
À Foix, aucun parking ne dépasse cette capacité. Mais, pour le maire, la question s’inscrit dans une difficulté plus large, celle du stationnement dans le centre historique.
« Cela s’inscrit dans le problème global auquel nous faisons face. Aujourd’hui, nous sommes bloqués sur la création de places de parking, surtout dans le centre-ville ancien, à cause de cette législation, mais aussi par l’ABF (Architecte des bâtiments de France) », détaille l’élu. « Nous ne pouvons pas en mettre où l’on veut », poursuit-il.
À cette contrainte s’ajoute celle des comportements. Le maire dénonce les automobilistes qui occupent illégalement les emplacements réservés. « Beaucoup de personnes se garent sur des stationnements PMR sans avoir la carte, ou utilisent celle de leur proche pour s’y stationner. Devant la pharmacie du château, c’est souvent le cas. La police y passe trois fois par jour, aligne autant, mais ça ne change rien. »
De nouvelles places annoncées ?
La situation pourrait néanmoins évoluer. Plusieurs nouveaux emplacements sont envisagés à l’occasion de futurs aménagements. « Nous en aurons quelques-unes ici », annonce Jérôme Matéos à propos de la place Parmentier, où la résidence d’autonomie est actuellement réaménagée. Le maire envisage également une nouvelle place PMR place du Commandant-Robert. « Il faudrait aussi en créer une, je pense », conclut-il.
Pour les usagers concernés, l’enjeu dépasse largement une simple question de stationnement : quelques places supplémentaires peuvent déterminer leur capacité à continuer à fréquenter le centre-ville en toute autonomie.