BYD lance en Europe un grand SUV de près de cinq mètres qui ne cache pas ses références. Le Ti 7 arrive sur le Vieux Continent via une marque satellite du géant chinois, Fangchengbao, spécialisée dans les modèles atypiques que le groupe finit ensuite par commercialiser sous d’autres bannières. La Denza Z en fut le premier exemple. Le Ti 7 suit le même chemin.
Le programme est limpide : un SUV hybride rechargeable à 7 places qui vient jouer dans le segment D avec une silhouette empruntant sans détour au vocabulaire du Land Rover Defender. Lignes anguleuses, capot surélevé, hayon vertical avec roue de secours apparente. À première vue, l’intention est claire : offrir l’allure du baroudeur britannique à un tarif nettement inférieur.
Reste que copier une silhouette ne fait pas un tout-terrain. La vraie question, se résume à : sous cette carrosserie taillée à la serpe, le Ti 7 est-il un vrai baroudeur ou un SUV familial déguisé ? Voilà ce que la fiche technique laisse entrevoir.

BYD Ti 7 : SUV hybride rechargeable 7 places, 408 ch, silhouette inspirée du Land Rover Defender © BYD
Un look defender, une architecture de SUV
La silhouette « carrée » du Ti 7 n’est pas gratuite. BYD affirme l’avoir dessinée pour optimiser en même temps l’espace intérieur et les angles tout-terrain. Passages de roues marqués, pare-chocs surdimensionnés, capot haut : le langage visuel est celui d’un véhicule pensé pour la piste. Un module LiDAR trône même sur le toit, signature des ambitions technologiques de la marque.
Le monocoque plutôt que le châssis échelle
C’est là que la distinction devient intéressante. Contrairement au Denza BAO 5, également vendu en Chine sous la marque Fangchengbao et bâti sur un châssis traditionnel à longerons et traverses, le Ti 7 fait le choix d’un châssis monocoque. Autrement dit, une caisse autoporteuse, comme un SUV routier classique. Le Defender original, lui, reposait sur un châssis échelle. Disons-le : sur le papier, cette architecture privilégie le confort routier et la rigidité, pas l’endurance en franchissement sévère. Sur la piste, là où les fiches techniques ne sauvent personne, un monocoque encaisse rarement les mêmes contraintes qu’une structure à longerons.

BYD Ti 7 : face avant avec capot surélevé et module LiDAR sur le toit, système Super DM-p 408 ch © BYD
Une chaîne de traction hybride musclée
Sous le capot, BYD déploie sa technologie Super DM-p., un système hybride rechargeable qui associe un moteur thermique de 1,5 litre à deux moteurs électriques, un sur chaque essieu. L’ensemble revendique une puissance cumulée de 408 chevaux, de quoi expédier ce SUV de près de cinq mètres de 0 à 100 km/h en 4,8 secondes. Des chiffres qui relèvent davantage de la performance routière que du couple à bas régime cher aux amateurs de franchissement lent.
Une transmission intégrale électrifiée
La présence d’un moteur électrique par essieu assure une transmission intégrale par voie électrique, sans arbre de transmission mécanique reliant l’avant à l’arrière. C’est une solution répandue chez les hybrides rechargeables modernes, efficace sur route mouillée ou sur chemin roulant. Reste à voir comment elle se traduira sur la piste, dans la boue profonde ou sur un franchissement rocailleux, là où un blocage de différentiel mécanique et un réducteur font traditionnellement la différence. La source ne mentionne ni l’un ni l’autre.

Le BYD Ti7 affiche un profil massif aux lignes tendues, avec des passages de roues imposants et une silhouette clairement inspirée des tout-terrain. © BYD
Autonomie électrique et suspension pilotée
Le Ti 7 embarque une batterie de 35,6 kWh qui autorise, selon BYD, strong>120 kilomètres en mode 100 % électrique. Pour un hybride rechargeable, c’est une capacité généreuse, qui place le modèle parmi les plus endurants de sa catégorie en usage zéro émission. De quoi couvrir la majorité des trajets quotidiens sans solliciter le bloc thermique.
La suspension DiSus-P en renfort
Côté liaisons au sol, BYD monte sa suspension intelligente DiSus-P. Le système ajuste de façon prédictive la rigidité des amortisseurs et règle automatiquement la hauteur de caisse. Sur route, ce type de dispositif améliore le confort et la tenue de cap. En tout-terrain, une garde au sol variable est un atout réel pour passer un obstacle ou franchir un gué.
Reste que l’électronique sophistiquée est une lame à double tranchant. Elle apporte une polyvalence indéniable, mais ajoute de la complexité là où les baroudeurs authentiques ont bâti leur réputation sur la simplicité mécanique. Aucune donnée précise n’est communiquée sur la garde au sol, les angles d’attaque et de sortie, la capacité de remorquage ou la profondeur de gué. Autant de chiffres qui, pour un véhicule vendu sur son allure de tout-terrain, feraient la vraie différence entre la promesse et la réalité.

La face avant du BYD Ti7 privilégie une allure robuste avec une signature lumineuse moderne et un bouclier imposant qui accentue sa largeur. © BYD
Un habitacle technologique et sept places
À l’intérieur, aucune image n’a filtré au moment de l’annonce, mais BYD promet un habitacle habillé de matériaux haut de gamme et truffé de technologie. Le Ti 7 serait notamment capable de s’intégrer à l’écosystème de connectivité de Xiaomi, permettant de raccorder des tablettes de marques comme Xiaomi, Huawei ou Apple pour piloter certaines fonctions du véhicule, de la climatisation à la musique.
Une dotation « Excellence » très fournie
En Europe, BYD a choisi de lancer le Ti 7 par le Royaume-Uni, dans une seule finition haut de gamme baptisée Excellence. La dotation de série ne fait pas dans la demi-mesure : jantes de 20 pouces, sièges ventilés et chauffants sur les deux premières rangées, climatisation à trois zones, système audio à 18 haut-parleurs, sans oublier un réfrigérateur et un chauffe-boissons intégrés. Un niveau d’équipement qui vise explicitement à séduire les familles cherchant un grand véhicule polyvalent.
Les sept places constituent l’argument central du positionnement. Rares sont les modèles capables d’associer cet habitacle familial, une chaîne hybride rechargeable puissante et une allure de baroudeur. La silhouette boxy, présentée comme optimisée pour l’espace intérieur, devrait offrir une habitabilité de bon niveau, notamment sur la troisième rangée souvent sacrifiée ailleurs.
Un lancement européen encore incertain pour la France
Le Ti 7 débutera sa carrière européenne au Royaume-Uni, avec une arrivée annoncée pour janvier 2027 dans sa seule version Excellence. Pour la France, rien n’est acté : BYD n’a pas confirmé si le modèle franchira la Manche pour rejoindre le catalogue hexagonal, ni à quelle échéance ni à quel tarif. Le prix français n’est donc pas communiqué à ce stade. Ce que l’on sait, c’est que le constructeur chinois avance avec un argument commercial rodé, celui du rapport équipement-prix, sur un segment où les vrais baroudeurs se paient cher. Reste que l’allure du Defender et une fiche technique flatteuse ne remplacent pas les données qui comptent vraiment en tout-terrain, garde au sol, angles, débattements, réducteur, que BYD n’a pas encore détaillées. Sur le terrain, ce sont elles qui trancheront.