200 titres différents
Concrètement, à partir du 13 août et selon ce nouveau cadre juridique, tout point de vente qui voudra bénéficier du statut de libraire-presse indépendant devra répondre à deux conditions légales. Un : proposer au moins 200 titres différents et récents de journaux, hebdomadaires et mensuels. Deux : consacrer au moins 40 % de sa surface de vente à des produits caractéristiques d’une librairie-presse, tels que les titres de presse, les livres, la papeterie, la carterie, les produits à base de nicotine, les paris sportifs et les produits de la Loterie Nationale.
guillement
« Nous ne voulons pas d’un pays où, demain, il n’y aurait plus que des « faux » libraires ne proposant que le top 20 des magazines. »
« Ce nouveau cadre légal permettra de lutter contre le phénomène des fausses librairies-presse indépendantes, qui s’installent un peu partout, proposent un nombre limité de publications, mais visent surtout à bénéficier de certains avantages, notamment ceux liés aux heures d’ouverture élargies et à l’accès aux paris sportifs. Un régime qui devrait être réservé aux « vrais » libraires-presse indépendants », ajoute Yannick Gyssens.
« La vente de la presse, du tabac et des jeux ne suffit plus aujourd’hui pour vivre »
Corbis espère que ce nouveau statut permettra de freiner l’érosion du nombre de libraires-presse indépendants dans notre pays et dans un secteur qui doit aussi faire face à la concurrence de chaînes comme PressShop ou Night & Day. La Belgique compte encore à ce jour entre 1 500 et 1 600 libraires-presse indépendants, dont environ 900 au nord du pays. « Il y a également un enjeu lié au pluralisme et à l’accès à une information la plus large possible pour les citoyens. Nous ne voulons pas d’un pays où, demain, il n’y aurait plus que des « faux » libraires ne proposant que le top 20 (NdlR : les plus vendus) des magazines », ajoute encore le président de Corbis.
Plateforme en ligne
Yannick Gyssens dit encore espérer que cette nouvelle législation sera appliquée sur le terrain, notamment via des contrôles du SPF Économie, pour débusquer les « faux » libraires-presse indépendants. La fédération nationale a envoyé un courrier à ses membres afin que ces derniers vérifient s’ils remplissent bien les critères définis dans la nouvelle réglementation et se mettent en ordre le cas échéant.
Corbis travaille à la mise en place d’une plateforme en ligne. « Calculs, statuts et documents, tout sera conservé de façon numérique pour gérer facilement les dossiers des libraires-presse indépendants et se préparer aux éventuels contrôles », explique la fédération nationale.