L’Eurovision vient de modifier une règle historique concernant l’organisation du concours. Jusqu’à présent, le pays vainqueur obtenait traditionnellement le droit d’accueillir l’édition suivante. Désormais, cette possibilité pourra lui être retirée automatiquement en cas de guerre ou de situation sécuritaire jugée trop instable.

Le nouveau règlement prévoit qu’un diffuseur vainqueur sera inéligible à l’organisation si son pays est touché par un conflit armé.

La même règle pourra s’appliquer en cas de « situation géopolitique sensible » ou de toute situation affectant sérieusement la sécurité ou la stabilité du pays ou de sa région immédiate. 

Dans ce cas, l’Union européenne de radio-télévision, qui organise l’Eurovision, pourra confier le concours à un autre diffuseur. Le pays ayant remporté la compétition conservera donc sa victoire, mais perdra le privilège d’organiser l’édition suivante.

Cette modification formalise en réalité une possibilité qui existait déjà en partie puisque l’organisation du concours par le vainqueur restait soumise à la validation de l’UER.

L’exemple le plus célèbre reste l’Ukraine après sa victoire en 2022. En raison de la guerre, l’Eurovision 2023 avait finalement été organisé à Liverpool, au Royaume-Uni, au nom de l’Ukraine. La nouvelle disposition établit désormais beaucoup plus clairement ce principe dans le règlement. Elle intervient dans un contexte particulièrement tendu autour de la place de la géopolitique dans l’Eurovision.

L’édition 2026 à Vienne avait notamment été marquée par une importante polémique autour de la participation d’Israël et par le boycott de plusieurs pays. 

La nouvelle règle pourrait donc concerner directement des pays comme Israël ou l’Ukraine s’ils remportaient une prochaine édition alors qu’un conflit armé se poursuit. 

Elle ne signifie toutefois pas qu’un pays en guerre est automatiquement exclu de la compétition. La restriction concerne uniquement son droit à devenir pays hôte en cas de victoire. L’UER entend ainsi éviter d’organiser un événement réunissant des milliers d’artistes, techniciens, journalistes et spectateurs dans une zone considérée comme dangereuse.

La sécurité des délégations et du public devient donc explicitement prioritaire sur la tradition voulant que le vainqueur reçoive le concours l’année suivante.

Pour 2027, la question ne se posera pas : après la victoire bulgare en 2026, c’est bien la télévision publique BNT qui doit accueillir la prochaine édition. 

Cette nouvelle règle constitue néanmoins un changement important dans l’histoire d’un concours qui revendique traditionnellement son caractère apolitique. Elle montre surtout que l’Eurovision entend désormais prévoir noir sur blanc les conséquences des guerres et des crises géopolitiques sur son organisation.