Ce sont 6,4 ha que Sandrine Niclaus et Chris Benoît comptent exploiter pour le « pôle services » de ce vaste parc d’entreprises en projet, avec un hôtel de 59 chambres et piscine, un restaurant de 60 couverts, une salle événementielle et une conciergerie.

Une fermeture contestée à trois semaines de l’échéance

C’est dans ce climat très particulier que Benoît Thoreau, le bourgmestre de Wavre, a notifié l’arrêté de fermeture du Domaine du Blé le 7 août dernier, sur base du rapport défavorable de l’officier préventionniste de la zone de secours.

« Il avait déjà remis un rapport défavorable le 30 mars dernier, précise le bourgmestre, mais au lieu de prendre les mesures pour rendre l’endroit conforme aux exigences en matière de sécurité, les exploitants ont fait appel à un avocat et à une société de consultance. La bonne attitude aurait été de se mettre en ordre directement. »

Les exploitants, par la voix de leur avocat, Marco Bastin, s’étonnent que le bourgmestre ait demandé un rapport de prévention incendie en sachant que l’occupation précaire des exploitants de l’hôtel et du restaurant installés chemin des Charrons se terminait le 31 août 2026.

Vis-à-vis du rapport de la zone de secours, les exploitants disent avoir pris les mesures adéquates: « Soucieux de la sécurité, ils ont immédiatement mandaté le bureau spécialisé L&O, dont l’analyse de risques a mis en évidence une bonne politique globale de gestion et des investissements récents, tout en préconisant des mesures adaptées à la fin prochaine de l’activité, précise Marco Bastin. Les travaux de conformité demandés (aménagement de la terrasse et application d’une peinture hydrofuge dans la véranda) ont bien été réalisés. »

D’où l’incompréhension des exploitants qui, après une nouvelle visite le 30 juillet dernier, affirment que l’officier préventionniste a évoqué, verbalement, un rapport favorable sous conditions. À la suite de quoi, L&O a introduit deux demandes de dérogation, une option suggérée par l’officier lui-même selon les exploitants.

« De mon côté, les pompiers m’ont clairement signalé que je ne pouvais pas prendre le moindre risque, surtout au vu des conditions climatiques, et qu’il ne fallait pas déroger, précise Benoît Thoreau. Pour les activités hôtelières, pas de souci, mais pas question de prendre le moindre risque avec une nouvelle soirée. »

Pas de soirée de clôture

Les exploitants regrettent que le bourgmestre n’ait pas « donné de réponse aux demandes de dérogation ni à leurs courriers alors qu’une analyse qui confirme l’absence de risque électrique immédiat a été transmise le 5 août. »

Privés de leur soirée de clôture initialement prévue le 14 août, les exploitants ont décidé de renoncer à une requête en extrême urgence devant le Conseil d’État, l’échéance du 31 août étant trop proche.

Ils n’entendent cependant pas en rester là: ils se réservent le droit d’introduire une procédure devant le tribunal de première instance du Brabant wallon pour rétablir la vérité et réclamer des dommages et intérêts pour les préjudices moraux et matériels subis.

« Ils ont tout mis en œuvre pour se mettre en ordre, insiste Marc Bastin. Ils veulent rétablir la vérité. Il faut d’ailleurs voir les travaux qui ont été réalisés. Cet arrêté est surréaliste au vu de la situation. D’ailleurs, personne ne comprend ce qui se cache derrière cette décision. »