Immobilier : ces projets qui modifient la Côte belge

Et que la Région, si elle avait été sollicitée, aurait de toute façon accédé aux prétentions du promoteur. Le raisonnement est bancal, mais il ne surprend guère. La Côte belge reste le théâtre d’une étrange fatalité : ce qui a déjà été détruit semble toujours justifier ce qui doit encore l’être. Autrement dit : puisque le paysage est déjà défiguré, pourquoi sauver ce qui subsiste ?

C’est le raisonnement inverse qu’il faudrait tenir. Surtout par les temps qui courent, alors que les enjeux d’aménagement du territoire et d’urbanisme ont rarement été aussi importants. Mais soit. Sur les 67 kilomètres du littoral belge, certaines parcelles ont été réaménagées trois ou quatre fois en un siècle. Les villas du XIXe siècle ont quasiment disparu ; les réalisations « modernistes » des années 50-60 aussi. À La Panne, il ne resterait bientôt plus qu’une poignée de bâtiments présentant une réelle valeur patrimoniale sur la digue. À Ostende, la Villa Maritza, sauvée de justesse de la démolition, rappelle encore ce que fut cette Côte avant le règne du béton.

La vue sur mer, un luxe devenu quasiment impayable ?

Quel gâchis ! Entre 1996 et 2024, des dizaines de milliers de nouveaux logements ont été autorisés. Tourisme de masse, engouement pour les résidences secondaires — la période Covid a naturellement apporté sa pierre à l’édifice —, politiques urbanistiques chaotiques et dispersées… Les raisons ne manquent pas pour qualifier la Côte belge de « laide ». C’est dommage car à force de remplacer chaque témoin du passé par une « résidence exclusive » de plusieurs étages, on finira par ternir jusqu’aux derniers, les atouts « charme » de la Côte.