La chaleur cogne dans les couloirs du lycée Jeanne-d’Arc, écrasés sous les projecteurs. Des câbles serpentent au sol entre les pieds et les trépieds, la sueur perle sur les visages, et un café tiède traîne sur une table de régie. Puis, d’un coup, plus rien : le brouhaha des ventilateurs s’éteint, les conversations retombent, et un silence presque religieux s’abat sur le couloir. Deux secondes plus tard : « Action ! »

Derrière un pan de mur, la fourmilière s’est figée. Pierre Leccia, réalisateur et créateur de la série Plaine orientale, garde les yeux rivés sur les deux retours caméra. Sol en damier noir et blanc, moulures d’époque, hautes portes couleur crème : on est censé être dans un commissariat attenant au bureau du juge d’instruction Pascal Henri joué par Éric Ruf, on est en réalité au premier étage d’un lycée de Bastia, entre deux salles de classe désertées le temps de l’été.

Une mécanique bien huilée

Le choix du lieu ne doit rien au hasard. « Un lycée présente un avantage de taille : il ne fonctionne pas l’été », explique la productrice Nicole Collet, qui évalue à cinq millions d’euros les retombées économiques directes laissées en Corse par le tournage de la saison précédente….