Les Gardiens de la révolution iraniens, une armée idéologique doublée d’un pilier de l’économie parallèleRéorganisation militaire

L’affectation, le 9 août, de cet important général des Gardiens de la révolution (pasdarans) à cette fonction très en vue confirme une nouvelle fois la prise de contrôle quasi totale des institutions politiques de la République islamique par ce corps militaire chargé de sa protection. Les pasdarans avaient déjà présidé à la nomination du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, après la mort de son père dans les tout premiers bombardements de la guerre, le 28 février dernier.

Cette militarisation du régime s’accompagne d’ailleurs d’une vague de nominations importantes décrite par les médias iraniens comme une réorganisation complète de l’architecture militaire et sécuritaire du pays. Elle consiste en un mouvement destiné à afficher une posture plus agressive de l’Iran face aux États-Unis de Donald Trump, avec lequel certaines voix ultraconservatrices sur la scène iranienne ont déclaré ne plus vouloir négocier d’ici à la fin de son mandat.

Les Gardiens de la Révolution iranienne, désormais une organisation terroriste pour l’Union européenne : « Une erreur monumentale » ?Le prestige en plus

À 71 ans, le général Mohsen Rezaei (de son vrai nom Sabzevar Rezaei Mirghaed) est l’une de ces figures de la ligne dure du régime. Le prestige en plus, ses épaulettes et décorations étant particulièrement abondantes. Il rejoint les pasdarans peu après leur formation suite à la Révolution islamique de 1979 et en devient le commandant deux ans plus tard, à l’âge de 27 ans, jusqu’en 1997. Une période où il mène activement la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Il s’engage ensuite sur la scène politique, entre autres dans les sphères économiques. Il s’est présenté quatre fois à l’élection présidentielle (2005, 2009, 2013 et 2021). Diplômé de l’université de Téhéran, où il a obtenu un doctorat en sciences économiques, il sera entre 2021 et 2023 le vice-président d’Ebrahim Raïssi chargé des affaires économiques. Entre-temps, il avait repris du service au sein des Gardiens de la révolution vers 2015.

Recherché par Interpol

Connu pour son franc-parler et ses positions belliqueuses, il avait critiqué l’accord de la mi-juin entre l’Iran et les États-Unis en raison de certaines « ambiguïtés qui nécessitent d’être clarifiées ». Il avait aussi accueilli avec enthousiasme en avril les rumeurs d’invasion terrestre des États-Unis en Iran, promettant de capturer des « milliers d’otages » et de monnayer leur vie contre des « milliards de dollars ».

Les Gardiens de la révolution ont pris le pouvoir dans la République islamique

Quant à l’éventuel accord que l’Iran et Oman pourraient conclure au terme de leurs négociations sur le détroit d’Ormuz, il vient d’indiquer qu’il ne garantira pas sa réouverture.

Ancien opposant au régime monarchique du Chah, sous lequel il fut emprisonné, Mohsen Rezaei est un habitué des controverses, qui lui valent de nombreuses inimités en Iran. Il est aussi visé depuis 2007 par une notice rouge d’Interpol pour « meurtres aggravés » pour l’attentat ayant visé un centre culturel juif à Buenos Aires en 1994 (85 morts et plus de 150 blessés).