Pour la première fois, la Russie a essayé en zone de combat son système de protection active Arena-M, conçu pour intercepter les drones FPV qui menacent ses chars en Ukraine. Installé sur des T-72, engagés dans une attaque près de Maïak, dans la région de Donetsk, le dispositif aurait abattu plusieurs drones à la suite, mais l’offensive s’est tout de même soldée par de lourdes pertes. « L’assaut a échoué », confirme Forbes, lundi 10 août.

Auprès du magazine économique, certains analystes considèrent tout de même le déploiement de l’Arena-M comme une réussite qui pourrait marquer le retour des chars et de la guerre de mouvement sur un champ de bataille devenu largement statique, où les véhicules sont détruits dès qu’ils sont repérés. « Le système a démontré son efficacité et sera probablement amélioré », estime l’expert Rob Lee.

Capable d’abattre plusieurs drones en plein vol

Arena-M reprend le principe des systèmes de protection active développés par la Russie après les échecs essuyés par ses chars en Tchétchénie, dans les années 1990. Des radars détectent les menaces, puis des projectiles, destinés à les détruire avant l’impact, sont lancés à leur poursuite. Lors de l’opération à Maïak, un Arena-M aurait ainsi intercepté successivement sept drones FPV.

« En général, il faut de 15 à 20 drones FPV pour détruire un char », explique l’expert ukrainien Dmytro Putiata sur le réseau social X. Son chiffre est toutefois bien supérieur aux estimations habituelles, comme celle de l’Institut allemand d’études de défense et de stratégie (GIDS) qui évoque plutôt « trois à six drones » nécessaires pour mettre un blindé hors service.

Les FPV, contrairement aux missiles antichars classiques, coûtent peu cher et peuvent être produits en très grandes quantités. Les méthodes utilisées contre les missiles évoqués, comme les écrans de fumée ou les déplacements rapides, perdent en efficacité face à ces drones. Par le passé, les Russes ont tenté de protéger leurs chars avec des cages métalliques, puis avec les fameux « chars tortues », entièrement recouverts de plaques. Les « porcs-épics », hérissés de barres et de câbles, ont ensuite fait leur apparition, mais dans chaque cas, les soldats ukrainiens ont fini par trouver une parade. D’où le développement, en réponse, de l’Arena-M côté Moscou.

The Russian assault in the Azov Corps area two weeks ago involved several interesting innovations. It failed, in part because they faced one of Ukraine’s strongest corps, but it demonstrated that the Russian military is learning and is experimenting in how to employ armor on a… https://t.co/WQ4NkcXRnp

— Rob Lee (@RALee85) August 8, 2026

Un talon d’Achille déjà connu

L’Arena-M pourrait améliorer la survie des chars… sans pour autant les rendre invulnérables. Le système dispose de 26 intercepteurs, qui seraient tirés par paires. Lorsque toutes les munitions ont été utilisées, le blindé redevient vulnérable. Des images montrent même la destruction d’un véhicule russe après que celui-ci a épuisé ses intercepteurs dans une seule direction.

« Le stock de munitions de l’Arena modernisé ne correspond pas aux réalités modernes », dénonce le spécialiste Andrei_bt. S’ajoute au problème une question économique. Le système est aussi complexe que coûteux, alors que ses cibles sont relativement bon marché. La multiplication des attaques pourrait, ainsi, finir par saturer les défenses des chars.

@RALee85 and I had a conversation with one of the units that took part in that operation and saw whether that system effectively working or not. And, unfortunately, it works.

At one tank that system destroyed 7 FPV drones. In general it took from 15 to 20 FPV drones to destroy… https://t.co/7EJZx5KQQZ

— Dmytro Putiata (@kriegsforscherD) August 8, 2026