Un enfant du Stade Rennais

Samedi dernier, il était le seul transfert estival titulaire contre le Cercle Bruges (2-2). « Je me suis senti très bien même si, forcément, il reste beaucoup de choses à travailler et des automatismes à trouver », dit-il. Dans nos colonnes, il a obtenu 6 sur 10, une note qui l’indiffère visiblement.

Lorsqu’on lui demande s’il ne se sent pas un peu bridé au poste de milieu défensif, vu sa qualité au ballon et sa capacité de projection, il rétorque : « Non, pas du tout. J’ai été formé à cette position de 6, avec une ou deux pointes basses. J’aime être à la récupération, à ressortir le ballon et à me projeter. »

guillement

Avec Timo (Nkada), c’est une amitié de plus de dix ans.

Une formation à la française. « Je suis un enfant du Stade Rennais, ce club m’a tout donné, j’y suis resté onze ans. Je vais le dire très honnêtement, c’est mon club de cœur », lâche Trouillet dans un élan de sincérité. Il y fera la connaissance de Timothé Nkada, qu’il retrouvera à Rodez, plus tard, puis désormais au Standard. « On a été formés ensemble. C’est une amitié de plus de dix ans. Nos familles se connaissent aussi très bien. »

Trouillet n’a pourtant jamais joué en équipe première à Rennes. À l’été 2019, après avoir réalisé la préparation avec le groupe de Julien Stephan, le Français aurait manifesté son envie de départ pour l’OGC Nice, après quoi il avait été renvoyé dans le noyau B de Rennes. Il signera à la Côte d’Azur l’été suivant. « Ne pas avoir joué en équipe A, c’est un vrai regret, admet-il aujourd’hui. C’est mon histoire, c’est comme ça… »

Le football « politique » en Grèce

Il jouera très peu à Nice et sera d’ailleurs prêté en Ligue 2, à Auxerre, avant d’être transféré au Panathinaïkos en janvier 2023. Là-bas, il connaîtra très vite une grosse blessure au genou et découvrira « les effectifs de 40 joueurs […] et un club politique où il faut faire jouer certains », dira-t-il dans une interview.

Aujourd’hui, son discours est plus mesuré : « Je ne sais pas si c’est la face sombre du football mais c’est comme ça. Le Pana reste un club exceptionnel et je suis reconnaissant d’avoir participé à une infime partie de son histoire. À refaire, j’y retourne sans hésiter. »

guillement

Les mots de Marc Wilmots m’ont touché.

De la Grèce, direction Rodez. « Pour repartir de plus bas après ces blessures (NdlR : il a aussi subi une fracture de la malléole en septembre 2025). » Se relancer. Une saison et demie aboutie, avant de se laisser séduire par le discours de Marc Wilmots cet été, malgré plusieurs intérêts en France. « Ses mots m’ont touché, glisse ce récent papa. Humainement et sportivement, c’est le club qu’il me fallait. Un club historique pour lequel il faut mouiller le maillot. Cela tombe bien, cela fait partie de mes principes. »

Et ses ambitions ? « Je vais donner le meilleur de moi-même, tant pour l’équipe que pour remonter la pente et atteindre le meilleur niveau possible. Le championnat de Belgique est attractif. C’est une belle vitrine. »

Dans l’espoir de rattraper le temps perdu. En années, pas en minutes.