En quatre saisons chez Williams dans les années 1990, Damon Hill a connu le meilleur comme le pire. Un parcours intimement lié à son histoire en Formule 1, marqué par la mort accidentelle d’Ayrton Senna, par le devoir de lui succéder comme leader, par les duels polémiques face à Michael Schumacher, mais aussi par la consécration avec le titre mondial décroché en 1996.

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Cette année-là, au volant d’une Williams-Renault devenue la référence, le pilote anglais a été mis à l’épreuve mentalement lorsqu’il a appris, en pleine saison, qu’il ne serait pas conservé pour 1997.

Frank Williams avait choisi Heinz-Harald Frentzen pour lui succéder aux côtés de Jacques Villeneuve, le laissant sans volant en raison d’une décision longtemps incomprise par Damon Hill. Trente ans plus tard, avec le recul, le Britannique pense avoir mieux saisi le contexte de l’époque.

Le rapprochement avec BMW était une stratégie, et je pense qu’un pilote allemand était essentiel.

« Je pense qu’en 1995, ils ont probablement regardé ce qui s’était passé et se sont dit qu’il fallait penser à l’avenir », dit Damon Hill des dirigeants de Williams, dans un entretien diffusé par le site officiel de la F1. « Et avec le temps, j’ai compris qu’il y avait un mouvement vers l’Allemagne en termes de marché en F1, à cause de Michael [Schumacher]. »

« Il y avait de gros investissements dans la télévision et l’Allemagne était en train de devenir un marché important. Avoir un pilote allemand était donc important pour le marketing de la F1… et les gens disaient que Frentzen était aussi bon que Michael, du moins lorsqu’ils étaient en endurance [chez Mercedes]. »

« Je pense donc qu’ils voyaient Frentzen comme une solution pour l’avenir, avec potentiellement aussi des moteurs BMW, ce qui s’est finalement produit [en 2000]. »

Heinz-Harald Frentzen a remplacé Damon Hill en 1997.

Heinz-Harald Frentzen a remplacé Damon Hill en 1997.

Photo de: Motorsport Images

« Quand Frank m’a annoncé qu’ils allaient se séparer de moi, il m’a dit : ‘Je dois penser à l’avenir de l’équipe.’ C’était sa réponse, son excuse. Et je lui ai répondu : ‘Je ne suis pas l’avenir ? Pourquoi ?’ J’ai fait quelques recherches des années plus tard et je pense que… le rapprochement avec BMW était une stratégie, et je pense qu’un pilote allemand était essentiel à cela. »

« Mais au fond, peu importe ce que j’aurais fait en 1996. Frank avait déjà engagé deux pilotes pour 1997. Il n’y avait donc plus de place à bord. »

Titré quelques semaines plus tard, Damon Hill a trouvé refuge chez Arrows, où il a emmené avec lui le numéro 1 de champion du monde. L’épisode reste marqué par une victoire inattendue qu’il a été tout proche de décrocher au Grand Prix de Hongrie 1997. Un an plus tard, c’est à Spa-Francorchamps qu’il signait son dernier succès en Formule 1, avec Jordan Grand Prix, avant de raccrocher fin 1999.

Ironie du sort, Heinz-Harald Frentzen a finalement quitté Williams dès 1999 pour rejoindre Jordan aux côtés de… Damon Hill. S’il est parti avant l’arrivée de BMW à Grove, l’alliance entre l’écurie anglaise et le motoriste bavarois a bel et bien tourné autour d’un autre pilote allemand, Ralf Schumacher.  

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