Son « Poséidon » se dessinant dans les flots lors de la tempête Justine, à Lesconil, en janvier 2021, a fait le tour du monde. « Ce cliché a marqué avec des millions de vues en ligne. D’ailleurs, lorsque les gens qui me connaissent veulent me présenter à ceux qui ne me connaissent pas, ils disent : “C’est celui qui a fait Poséidon” », explique Mathieu Rivrin.

Avant cela, en 2016, il y eut cette image du phare de la Jument, au large d’Ouessant. On y voyait l’édifice, pourtant haut de 50 m, presque entièrement enveloppé sous l’assaut d’une vague géante. « 2016, 2021 : je fais une bonne photo tous les cinq ans ! », plaisante l’intéressé. Sauf que, plus sérieusement, 2026 pourrait effectivement être l’année d’un nouveau cliché iconique.

Alignement parfait

Photographe installé à Landerneau où il a d’ailleurs ouvert sa galerie fin 2025, Mathieu Rivrin s’est fait des coups de tabac et des mers tourmentées une spécialité. Sauf qu’en cette semaine d’éclipse, il a dû quelque peu changer son objectif d’épaule. Ce n’est pas sur les bords de l’Élorn qu’il a guetté le phénomène. « Je voulais capturer l’éclipse dans un lieu emblématique. Or, après avoir remporté un marché public, je suis, depuis décembre dernier, le photographe officiel du Mont Saint-Michel auquel j’ai d’ailleurs consacré un bouquin sorti il y a un an », explique le Landernéen. C’est donc là, qu’il a observé l’éclipse ce mercredi 12 août.

Notre homme avait sa petite idée. Lorsqu’il photographie des épisodes climatiques ou astronomiques remarquables, il aime inviter dans le cadre un élément du décor qui entrera en résonance et dialoguera avec le phénomène en question. Cette fois, il souhaite que l’alignement du mont et de l’éclipse fasse apparaître l’archange saint Michel placé à la pointe de l’église abbatiale.

Dans les herbus par 38 °C

Mathieu s’est donc posté dans les herbus, par quelque 38 °C, pour traquer, pendant deux heures, le cliché tant espéré. Il a dû se déplacer régulièrement pour rectifier l’alignement. Le matériel de sortie, lui, est le même que lorsqu’il immortalise les tempêtes. À une différence près : la veille, il a bidouillé de ses mains un filtre solaire afin de préserver ses appareils.

Une fois en place, Mathieu a déclenché plusieurs fois toutes les cinq minutes. Parfois en rafale. En tout, environ 500 photos sont faites sur les deux heures. Sur le moment, il sait déjà qu’il tient le bon bout : « Je les ai vues passer sur le retour boîtier. Il restait ensuite à vérifier la netteté ».

Les réseaux s’affolent

À tête reposée, le résultat est au niveau des espérances. Voire au-delà. « Ça correspond à ce que j’imaginais. C’est un truc qui m’arrive rarement parce que ça ne se passe jamais comme prévu », confie-t-il. Sur la toile, l’écho ne se fait pas attendre. Ce jeudi 13 août, vers 15 h 30, quelques heures après l’éclipse, la photo de Mathieu avait déjà atteint les 54 000 likes sur Instagram et les 18 000 partages sur Facebook. « Elle est bien partie pour buzzer », confirme son auteur sollicité par France 2, France 3 et M6.