Gaëtan Willemsen

Par Gaëtan Willemsen

Publié le 13 août à 21h36

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La détonation qui a blessé trois personnes mercredi à Plopsaland Ardennes provenait bien d’un engin explosif datant de la deuxième guerre mondiale. Les démineurs d’Heverlee tentent de déterminer pourquoi l’engin, inactif depuis au moins 80 ans, a finalement explosé. Mathieu Langer, Benoit Duthoo, Dominique Schockaert et David Muller les ont rencontrés.


Au pied de la cascade de Coo, sur une plage de l’Amblève à l’intérieur du parc d’attractions, il ne reste ce jeudi que des fragments orangés de la bombe sur les cailloux. Peu après 15 heures hier, la déflagration a retenti à quelques mètres dans la camionnette de Stéphane Close, marchand de glace situé au-dessus de la cascade. « Un boom comme une pression d’un gros départ de feu d’artifice », décrit-il. Puis « je me suis retourné et j’ai vu un grand nuage de fumée blanc qui cachait carrément le parc. Du coup les gens ont afflué un petit peu ».

La projection s’est faite de manière verticale, c’est vraiment un miracleFabien Legros, bourgmestre de Stavelot

Il s’agissait d’un engin explosif au phosphore blanc datant de la seconde guerre mondiale, retrouvé dans l’Amblève et posé sur la rive. Trois personnes ont été légèrement blessées par l’explosion. « Il y aurait eu juste une petite projection de pierres sur une personne et on parle de tympan percé sur deux autres personnes », détaille le bourgmestre de Stavelot, Fabien Legros. Pour lui, le pire a été évité : « La chance, c’est que la projection s’est faite vraiment de manière verticale. Donc au vu de l’explosion et des dégâts que peut faire ce genre de bombe, c’est vraiment un miracle. »




Une bombe conçue pour provoquer des incendies

Rapidement, le service de déminage de la Défense (SEDEE) a été dépêché sur place. L’engin est identique à un modèle présent à leur centre opérationnel situé à Haasrode (Oud-Heverlee, près de Louvain). Il s’agit d’une bombe conçue pour provoquer des incendies, explique Francis Halleux, lieutenant-colonel et chef de corps du SEDEE. « Vous allez retrouver sur cet obus un chargement phosphore, un tube central qui contient de l’explosif, et les pièces que nous avons retrouvées hier à Coo étaient des fragments de l’arrière de l’obus de mortier et de cette membrane cloisonnée que vous voyez ici », montre-t-il à notre équipe.

Hors de l’eau, son chargement aurait été exposé à l’oxygène

Pour expliquer que cette munition ait explosé après plusieurs décennies alors que son chargement ne réagit pas au contact de l’eau, il faut prendre en considération le fait qu’elle ne reposait plus sous l’eau de la rivière, mais sur la rive. « Le fait de l’avoir sorti de l’eau, on peut penser que le chargement, vu l’endommagement de l’enveloppe de l’obus, a été exposé à l’oxygène de l’air et a réagi. Ça expliquerait aussi pourquoi le projectile a fumé longtemps avant de déflagrer », explique le lieutenant-colonel Halleux.

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En cas de découverte d’un engin ressemblant à un obus, une priorité s’impose : la prudence. À Coo, une enquête est ouverte, apparemment dans la discrétion. Les touristes rencontrés à quelques mètres du lieu de la déflagration n’en avaient pas entendu parler. « Je ne savais pas et je suis un peu étonnée », révèle l’une d’entre eux, qui interpelle son fils : « Sacha, il y avait une bombe ici hier. Comme à Dubaï ! ».

Chaque année, le service de déminage de la Défense neutralise plus de 200 tonnes de munitions sur notre territoire.



Plopsa Coo
Louvain (Brabant flamand)
Stavelot (prov. de Liège)
Oud-Heverlee (Brabant flamand)