Ciseaux à motifs, papiers colorés, rubans adhésifs pailletés, stickers et appareil photo étalés sur une table de café. Une boisson glacée à portée de main, Luana et Sido passent leur samedi après-midi à découper, coller et composer les pages de leurs carnets. Les conversations alternent avec les éclats de rire, tandis que les souvenirs prennent forme sur le papier. Une scène de plus en plus courante, portée par une génération qui cherche à se détacher de son téléphone. Le mot scrapbooking a d’ailleurs pris un coup de vieux. Aujourd’hui, sur Instagram et TikTok, on parle plutôt de « journaling ». Même principe : coller, découper, assembler des souvenirs dans un carnet, mais avec une esthétique plus libre et un vocabulaire plus jeune.

Du scrapbooking au journaling

Il y a un an, Sidonie s’est mise au journaling pour décrocher de son téléphone. Depuis, six carnets se sont déjà remplis de souvenirs, de photos, de tickets de caisse et de petits objets du quotidien. C’est comme les albums photo à l’ancienne, mais en moderne, résume-t-elle. Cette passion l’a rapprochée de Luana, créatrice d’une papeterie en ligne. Pour débuter, pas besoin d’un gros budget : un simple carnet et 10 € à 20 € d’accessoires de base suffisent. Leur conseil : ne pas multiplier les couleurs et se limiter à deux ou trois.

La tendance se retrouve aussi dans les rayons. Chez Hema, dans le centre-ville de Nantes, la papeterie, avec des articles à partir de 3 €, suit l’engouement. Les gens demandent des stylos multicolores, des stickers, des rubans adhésifs de couleur et des carnets rechargeables »,observe le sous-directeur Morgan. Ce rayon représente aujourd’hui entre 30 et 40 % du chiffre d’affaires de l’enseigne en France.

Léa et une page de son carnet réalisée après un séjour à Paris. | OUEST-FRANCE
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Léa et une page de son carnet réalisée après un séjour à Paris. | OUEST-FRANCE

Avant tout, une histoire de lien social

Au-delà du plaisir de créer, c’est surtout le lien social qui revient dans les témoignages. Sidonie et Luana rêvent d’organiser un jour des ateliers de journaling. Ce qu’on aime dans cette idée, c’est le côté humain, sans écran. Ça permet de développer sa créativité, de rencontrer des gens et d’échanger »,expliquent-elles.

D’autres ont déjà franchi le pas, comme Léa. Des passionnées organisent, de façon encore informelle, des rendez-vous entre amateurs de scrapbooking, repérés sur les réseaux sociaux. Autour d’une table couverte de papiers, de stickers et de ciseaux, certaines viennent compléter leur matériel, d’autres découvrent la pratique avec leur carnet sous le bras.

Lisa, 22 ans, s’y est mise récemment. Je fais du scrapbooking sur les livres que je lis. J’ai allié les deux univers, ça me permet de me souvenir de mes lectures, de l’ambiance. Même envie de ralentir pour Louna, qui cherchait une activité créative loin des écrans. C’est un moment qui fait déconnecter du quotidien. C’est satisfaisant et ça détend »,confie-t-elle.

Des carnets remplis de souvenirs, des rencontres et un peu de créativité : autant de raisons qui expliquent pourquoi le scrapbooking séduit bien au-delà des passionnés de loisirs créatifs.