À 20h12, l’éclipse du mercredi 12 août devait apparaître dans la bonne perspective, avec la flèche de la cathédrale de Strasbourg en ligne de mire. Une idée qui paraît simple, mais qui a nécessité une préparation en amont. « Ça fait trois semaines que je la planifie avec une application qui permet de calculer les trajectoires du soleil, de la lune, suivant la position où vous êtes et le monument que vous voulez photographier », raconte Olivier Hannauer, alias @lachouettephoto. Le photographe a repéré une résidence et entrepris les démarches nécessaires pour pouvoir y accéder. Puis, pendant trois jours, il a multiplié les repérages, montant et descendant les étages pour observer la trajectoire du soleil et déterminer précisément depuis quel niveau l’alignement serait possible.
Le jour J, deux appareils photos sont installés sur trépied. Des personnes présentes dans les étages surveillent la trajectoire. Olivier Hannauer, lui, ne reste pas simplement derrière son appareil : il descend dans les étages pour suivre l’évolution du phénomène. 1900 prises pour « [sa] photo du siècle », telle qu’il la décrit.
Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d’informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
J’accepte
J’accepte tous les cookies
Plus de 800 commentaires haineux
Pour Olivier Hannauer, cette image a une dimension particulière et personnelle. « Je ne pense pas que je photographierai un événement pareil de nouveau », estime-t-il. D’où cette expression : « la photo du siècle ». Le cliché connaît rapidement un immense succès. Mais avec la viralité vient aussi son revers. Olivier affirme avoir reçu plus de 800 commentaires haineux, dont certains « racistes » (à cause du motif de croissant au-dessus de la cathédrale, NDLR), dénonce-t-il. Plusieurs internautes l’accusent aussi d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour produire ou modifier son image. « L’IA, je l’utilise dans le cadre de ma communication sur les réseaux sociaux, mais jamais pour mes photos », affirme-t-il. Pour lui, cette polémique est d’autant plus douloureuse qu’elle intervient après un important travail de préparation, mais aussi à un moment personnel compliqué. « Je m’attendais à pouvoir enfin sortir la tête de l’eau », confie-t-il. « Et là, ça m’a plus enfoncé qu’autre chose. »
L’IA, nouvelle frontière de la méfiance
Derrière cette polémique se trouve aussi une question qui dépasse largement le cas d’Olivier Hannauer : à l’heure où les images générées par IA deviennent de plus en plus réalistes, comment croire encore ce que l’on voit ? Le photographe estime que la réponse passe par l’éducation et par la connaissance du travail des créateurs. « Les gens ne prennent pas la peine de vérifier », regrette-t-il. « L’IA n’arrivera jamais à retranscrire les émotions qu’on dégage à travers nos photos », estime-t-il. Pour lui, la photographie repose autant sur la technique que sur la sensibilité, le choix du cadrage, le repérage et la capacité à être au bon endroit au bon moment.
Son éclipse en est finalement une bonne illustration.