Des étés qui durent six mois, l’hiver qui n’en ferait plus qu’un, et deux entresaisons, variables, pour relier le tout. Une année qui débute en se demandant « combien », et pas « si » nous allons subir des vagues de chaleur, comme celle du moment, avec 34 degrés à l’ombre en ville. Un pourtour méditérranéen qui s’assèche, une végétation en souffrance, des feux de forêt dévastateurs, des barrières de corail qui meurent.

On ne veut faire peur à personne, mais ces éléments sont à peu près garantis, dans un futur proche. Ajoutez-y un contexte économique qui tire vers le déclin, puisque nos sociétés sont dépendantes d’une énergie (fossile) qui se fait de plus en plus rare, et dont le pic de production (du pétrole conventionnel) est derrière nous. Saupoudrez le tout de paroles de scientifiques, largement plus déçus de notre manque d’efficacité collective que pétris de l’orgueil du « je vous l’avais dit », qui actent déjà que pour partie du combat, c’est trop tard.

Alors, on sort les Xanax ? Eh bien non. Le défaitisme n’a jamais rempli une réserve d’eau ni éteint un départ d’incendie. Le constat est clair, compris de tous (sauf les déraisonnables), la réalité nous brûle les pieds. La balle n’est plus dans le camp des experts, elle est dans celui de nos décideurs, de nos entrepreneurs et de… nous.

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La réponse face à la fatalité, c’est l’adaptation : investir là où ça compte, protéger les plus vulnérables et transformer nos contraintes en décisions politiques du quotidien. On ne sauvera pas le climat d’hier, mais on peut déterminer quelle qualité de vie on veut maintenir demain. Sans se faire mal, sans extrémisme vert, mais en acceptant qu’après-demain ne pourra pas ressembler à hier, et en validant, démocratiquement, le coût et les sacrifices du changement.

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