Née le 23 juillet 1976 à Budapest, Judit est la benjamine des trois sœurs Polgár. Son père, László, enseignant convaincu que le génie s’acquiert par l’entraînement, transforme le foyer en un véritable laboratoire. Dès l’âge de cinq ans, elle devient championne de Hongrie des moins de 14 ans. À neuf ans, elle bat à l’aveugle un cuisinier qui l’avait défiée dans un restaurant ; quand celui-ci la félicite, elle rétorque : « Es-tu capable, toi, de faire la cuisine à l’aveugle ? »
Hongrie: Peter Magyar propose l’ex-championne d’échecs Judit Polgar comme présidente
En décembre 1991, à quinze ans et cinq mois, elle décroche le titre de grand maître international, battant le record de précocité de Bobby Fischer. Depuis, elle a toujours refusé les compétitions féminines pour se mesurer à l’élite masculine. « Je dis toujours que les femmes devraient être suffisamment confiantes dans le fait qu’elles jouent aussi bien que les hommes, à la seule condition qu’elles soient prêtes à autant travailler et à prendre cela aussi sérieusement que les joueurs masculins », explique-t-elle dans un reportage de la radio américaine NPR (National Public Radio).
Son style est réputé offensif, dynamique et tactique, produisant des combinaisons spectaculaires. Elle bat Boris Spassky en match (1993), Anatoli Karpov en parties rapides (1998) et, surtout, Garry Kasparov en 2002, lors du match « Russie – Reste du monde ». Elle est la première femme à vaincre le champion russe, accumule les victoires de prestige contre de grands champions et atteint en 2005 la huitième place mondiale avec 2 735 points Elo – un sommet jamais égalé par une femme.
« La Reine des échecs » : un magnifique portrait, féministe, de Judit Polgar
Retraitée des tournois depuis 2014, elle a fondé une fondation pour promouvoir les échecs à l’école et commente les grands événements. Commandeur de l’ordre du Mérite hongrois, elle a récemment décliné une proposition inattendue : en juillet 2026, le Premier ministre Péter Magyar lui a offert la présidence de la République, en quête d’une figure apartisane d’unité. Elle a refusé, fidèle à son indépendance.