Enfant de La Ciotat, né au cœur de la cité ouvrière en 1932, Gilbert Ganteaume a commencé à peindre à l’âge de 30 ans. Artiste libre par excellence, tout était prétexte à la création pour lui : un séjour à Venise, un article de journal, un spectacle de danse et, bien sûr, La Ciotat, avec ses paysages et son univers industriel, dont il a fait partie.
Au fil de sa carrière d’artiste, il a utilisé toutes sortes de matériaux afin d’explorer de nouvelles techniques en mélangeant peinture, sculpture et assemblage d’objets et de matières.
Sa fille, Christiane Ganteaume, travaille à faire connaître l’œuvre de son père. Elle a notamment créé l’association Ganteaume, artiste de la matière (Gam), pour mener à bien sa mission. C’est à Dominique Payen, trésorière de l’association, qu’elle a confié le soin d’imaginer cette nouvelle exposition Né de l’acier, disponible jusqu’au 5 novembre à la chapelle des Pénitents-Bleus.
« Une mise en scène qui lui ressemble »
« J’ai découvert la famille Ganteaume et l’œuvre de Gilbert il y a une dizaine d’années, explique Dominique Payen. J’ai beaucoup lu, écouté… et, pour cette exposition, j’ai voulu raconter l’histoire d’un peintre ciotaden ancré dans sa ville, qui est engagé pour le chantier et la lutte ouvrière mais aussi avant-gardiste dans le choix des sujets et des matériaux utilisés. J’ai créé une mise en scène qui lui ressemble. »
L’exposition rassemble 37 tableaux et quelques sculptures. Elle est organisée autour de quatre thèmes. Le public découvre d’abord le parcours professionnel de l’artiste, qui lui a inspiré les bateaux, les portiques et les grues qu’il transmet à sa manière. On découvre l’artiste engagé à travers notamment son tableau L’Autodafé qui dénonce toutes les formes de censure et d’obscurantisme.
Le cheminement dans la chapelle présente ensuite des toiles de paysages de La Ciotat comme le Bec de l’Aigle et l’Escalet, que l’artiste transcende de façon unique, et il se termine par un florilège d’œuvres : toiles et sculptures qui symbolisent l’originalité et la créativité du langage artistique de Gilbert Ganteaume. « Son œuvre est à l’image de sa vie, tantôt lissée, tantôt malmenée par de mystérieuses brûlures », écrit Marc Le Chartier, membre de l’association Gam qui a signé les très beaux textes de l’exposition.
« On comprend comment l’acier des chantiers navals a pu devenir, entre les mains d’un artiste visionnaire, une matière à rêver, à créer et à transmettre », ajoute Dominique Payen.
Le vernissage de l’exposition a eu lieu en présence de Gilbert Ganteaume et de sa famille, d’Alexandre Doriol, maire de La Ciotat, de Jean-Louis Tixier, adjoint au maire délégué à la culture, et de nombreux admirateurs de l’artiste.
Bon à savoir, l’association Gam a fabriqué numériquement une figurine directement inspirée du monument aux victimes de l’amiante imaginé par Gilbert Ganteaume et installé sur le Port Vieux. Elle est en vente à l’accueil de l’exposition.
Jusqu’au samedi 5 novembre, du mardi au samedi, de 10 h à 13 h et de 16 h à 20 h, à la chapelle des Pénitents-Bleus.