Bien que conçus pour échapper aux radars, les avions furtifs américains n’arrivent pas à complètement faire disparaître la trace de leur passage. Une faiblesse sur laquelle veut jouer la Chine. Des chercheurs de l’Empire du Milieu ont développé une intelligence artificielle capable de reconnaître les signatures thermiques des F-22 et F-35 en plein vol. Intégrée à des systèmes d’imagerie infrarouge embarqués sur des missiles air-air, cette IA aurait atteint en laboratoire « jusqu’à 97,1 % de précision », avec une autre série d’essais autour de 90 %.
Sur le papier, les résultats sont impressionnants, mais ils doivent être interprétés avec prudence. L’auteur principal de l’étude, An Jiangshan, explique au site Interesting Engineering, jeudi 13 août, que les détails de ces expériences « ne peuvent pas être divulgués ». De plus, ces tests n’ont pas été réalisés contre de vrais appareils.
Plus de 3 000 images infrarouges étudiées
Pour entraîner leur modèle à détecter ces engins, les scientifiques de l’Institut de technologie de Pékin et de l’Académie chinoise des missiles aéroportés l’ont fait analyser et mémoriser « 3 245 images infrarouges provenant d’un système de balayage embarqué sur missile ». Elles représentaient trois catégories de cibles aériennes, dont des F-22 et des F-35 simulés.
Un missile équipé d’un capteur thermique peut repérer la chaleur émise par ces avions, notamment par le moteur, même lorsqu’un radar ne le peut pas. Le problème est, surtout, de distinguer l’appareil d’un leurre, par exemple d’une fusée éclairante. C’est là tout le travail que doit réaliser l’intelligence artificielle en seulement quelques millisecondes.
Comment faire tenir cette technologie dans un missile ?
Les intelligences artificielles classiques étant trop gourmandes en puissance et en espace pour ce type d’arme, l’équipe chinoise a dû réduire son modèle à seulement « 16,1 % du nombre de paramètres des méthodes précédentes » et ramener « les besoins de calcul à 19,2 % », indique leur rapport. Lors des essais matériels, le système a atteint 96,4 % de précision et traité chaque image en environ 1,5 milliseconde, pour une consommation d’environ 2,2 watts. Une rapidité qui pourrait être décisive dans un combat aérien.
Cette avancée ne signifie pas pour autant que les missiles chinois peuvent désormais traquer les F-22 ou les F-35 avec succès. Les chercheurs veulent encore améliorer leur création et vérifier si elle pourrait s’appliquer à d’autres types de missiles.