En 2021, U-Roy disparaît. Julien Boirard prend ses pinceaux et réalise son portrait. Un geste simple, authentique et spontané, qui donnera naissance à une série appelée à grandir bien au-delà de ce premier élan. « L’origine de cette série date du décès de U-Roy, une légende du reggae. Ce jour-là, touché par sa disparition, j’ai eu envie de lui rendre hommage. Le résultat m’a plu et m’a donné envie d’en faire un deuxième, un troisième… » Les œuvres se multiplient et la série rassemble aujourd’hui plus d’une centaine de figures, principalement issues de la scène musicale. Certaines naissent au moment où un artiste s’en va, d’autres d’une admiration, d’une rencontre ou de l’envie de saisir un visage associé à une esthétique, une époque ou un univers.

Un voyage pictural vers la Jamaïque

Puis vient Lee « Scratch » Perry. À sa mort, paradoxalement, Julien l’immortalise. Quelque temps plus tard, son travail lui vaut un message inattendu : Mireille Perry, l’épouse du musicien, le contacte. « C’est ainsi qu’en réalisant le portrait de Lee « Scratch » Perry, j’ai été contacté par sa femme, Mireille Perry, pour m’inviter à peindre chez eux en Jamaïque. » L’image quitte alors le cadre de la toile : elle devient une invitation, un voyage et une rencontre à l’autre bout du monde. Et raconte peut-être mieux que tout discours ce que Julien cherche dans son travail : faire passer une création d’un regard à l’autre, d’un artiste à un public, d’un pays à un autre. Techniquement, chaque œuvre est d’abord réalisée à l’acrylique sur feuille, puis numérisée et retravaillée en couleur avant d’être imprimée sur toile et montée sur châssis bois. Une méthode qui mêle le geste du peintre aux outils du graphiste. Les originaux, accompagnés d’un certificat d’authenticité, sont proposés aux collectionneurs. Des reproductions permettent également d’acquérir ces œuvres à un prix plus accessible. Car derrière cette série, Julien revendique une idée simple : « Rendre l’art vivant et accessible à tous. » Depuis 2021, les portraits se succèdent ainsi sur ses toiles. Aujourd’hui, cette collection trouve un prolongement dans d’autres projets, du graphisme aux pochettes d’albums, jusqu’au Reggae Calendar 2027, où les figures individuelles rejoignent une mémoire plus vaste. Des visages aux histoires, des histoires aux images : Julien Boirard peint la musique pour qu’elle continue à circuler.