En l’an 2000, après le succès honnête du X-Men produit par la Fox, la Columbia décide de transposer Spider-Man au cinéma. Mais il faudra créer de nouveaux trucages pour le représenter se balançant de fil en fil entre les gratte-ciels de New York, et restituer le punch et l’humour de la BD.
Pour relever ce défi, le studio choisit Sam Raimi, qui a truffé sa trilogie Evil Dead d’effets spéciaux délirants, et adapté le langage visuel des comics dans Darkman, où Liam Neeson joue un justicier aux multiples visages. Raimi veut que Tobey Maguire incarne Peter Parker et Spider-Man, mais la Columbia doute de son physique. L’acteur se muscle, se forme aux arts martiaux et s’impose. Et Kirsten Dunst sera Mary Jane, dont Peter va tomber amoureux. « Enfant, j’adorais le côté romantique des BD de Spider-Man, explique Raimi. Mais je n’osais pas le dire à mes copains ! »
Il engage ensuite John Dykstra, le créateur des trucages de l’épisode IV de Star Wars, et lui fixe un objectif : « Les dessinateurs de Marvel ont toujours représenté Spider-Man comme un danseur aérien voltigeant au-dessus de New York. Il fallait recréer cette grâce. » Mais voilà, suspendre Tobey Maguire ou des acrobates de la troupe du Cirque du Soleil à des câbles ne suffit pas. Dykstra conçoit un clone 3D hyperréaliste de l’acteur, dont les gestes sont fidèlement reproduits. Des animateurs créent ensuite les mouvements surhumains de Spider-Man, et le panorama de New York qui défile derrière lui pendant ses déplacements est un mélange d’images réelles et de bâtiments virtuels.
MÉCHANTS D’ANTHOLOGIE
Dans ce premier opus, l’ennemi de l’Homme-Araignée est le Bouffon vert, incarné par Willem Dafoe. Il vole grâce à son glider, qui donne des sueurs froides au comédien : « Je devais garder mon équilibre pour ne pas tomber de cet engin remuant en tous sens, placé à 12 mètres de hauteur. Sous mon costume, je portais un harnais relié à un câble accroché au plafond du plateau. Mais mes pieds, eux, étaient attachés au glider boulonné sur une grue. Je me suis dit : “Si la grue tombe par accident alors que le harnais est accroché au plafond, je vais passer un mauvais moment !” » Heureusement, Dafoe reste en un seul morceau et Spider- Man génère 810 millions de recettes mondiales en 2002.
Ce succès colossal appelle une suite, Sam Raimi rempile et décide que le nouveau méchant sera le Docteur Octopus, doté de quatre tentacules robotisés. Le rôle est confié à Alfred Molina et à seize manipulateurs qui se servent de tiges (effacées ensuite numériquement) pour animer ses membres mécaniques. Le clou du film est un combat hallucinant entre Spidey et Octopus, juchés sur une rame du métro aérien.
Grâce à sa maestria visuelle, Sam Raimi a posé, en deux films, les fondations du cinéma de superhéros moderne, tourbillon d’émotions, d’humour et d’action. Ce deuxième volet remporte le même succès, et permet à Raimi d’achever sa trilogie en 2007. Elle assurera la pérennité du personnage sur le grand écran, comme en témoigne le triomphe actuel de Spider-Man : Brand New Day.
Spider-Man 2, lundi 17 août à 2&h25 sur TMC et Spider-Man 1 à 23h45