Le PS a indiqué qu’il ne soutiendrait pas cette réforme, notamment parce que la présence d’anciens parlementaires non-juristes permettait d’apporter un regard différent au sein de la Cour. Le député Aouasti a également souligné que les exigences pour cette réforme n’étaient pas demandées dans d’autres procédures. Le socialiste a ainsi questionné les procédures déterminant le bilinguisme des candidats dans la trajectoire pour accéder au poste.
C’est ce qui a fait bondir Bart De Wever de son siège.
Bart De Wever et sa caravane de chameaux qui puent« Imbécile »
Le mot « imbécile » a provoqué un malaise lisible sur les visages des députés fédéraux présents à la séance plénière. Une partie de l’hémicycle – à moitié vide – a voulu confirmer ce qu’elle venait d’entendre. Bart De Wever avait-il déclaré « imbécile » ou « c’est imbécile » ?
« Vous traitez un député d’imbécile ? », s’est indigné le député fédéral Patrick Prévot (PS). Sur le moment, le Premier ministre n’a pas nié, mais il n’a pas non plus confirmé.
« Le Premier ministre interrompt un député en considérant qu’il est imbécile », a notifié Khalil Aouasti.
Le vice-Président de la Chambre, Wouter Vermeersch (VB), n’a pas souhaité notifier l’incident dans le procès-verbal, reléguant la discussion à plus tard.
Un débat divise l’Arizona à la Chambre: « Là, il n’y a plus de majorité. On a l’impression que chacun a lu un rapport différent »Bart De Wever s’explique
Quelques interventions plus tard, Bart De Wever s’est expliqué à l’assemblée. « M. Aouasti, vous avez parlé de la connaissance fonctionnelle de l’autre langue. Vous dites qu’il est idéal de parler les langues nationales du pays », mais pas indispensable, a-t-il relevé.
Le Premier ministre, qui a les réformes institutionnelles dans ses compétences, a paru particulièrement choqué par l’idée qu’on puisse défendre une candidature peu bilingue. « J’ai utilisé un mot trop fort. Je profite de l’occasion pour le retirer. Mais la connaissance fonctionnelle de la langue n’est-elle pas nécessaire ? »
La Cour n’est pas organisée par groupe linguistique, a-t-il précisé, ajoutant qu’il était « normal, et même fondamental pour l’État de droit » de maîtriser les langues du pays.
Puis, à propos de l’utilisation du mot « imbécile » : « Je n’aurais pas dû utiliser l’autre mot. Je le retire et je m’en excuse. »
Avant d’insister pour déplorer les déclarations du député Aouasti sur le bilinguisme. « J’espère qu’il y aura encore beaucoup de collègues capables d’apprendre l’autre langue. Sinon, c’est à vous de vous regarder dans le miroir et de vous demander pourquoi ce n’est pas le cas. »
« C’est apprécié et c’est appréciable », a reconnu le député socialiste à propos des excuses du Premier ministre, soulignant que le geste est rare en politique.