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Juliette Voisin

Publié le

18 août 2026 à 6h28

Difficile d’imaginer qu’il s’agissait d’un pavillon des années 1970. Entre les dunes et la mer, à Denneville-Plage (Manche), la maison de Frédérique et Stéphane Grudet n’a plus rien à voir avec celle qu’ils ont achetée. Derrière cette métamorphose, un chantier de 18 mois et un pari : rénover plutôt que démolir.

Après plusieurs années passées entre Paris, où Frédérique est journaliste à RFI, et le Cotentin, où Stéphane a exercé comme médecin à Valognes pendant une vingtaine d’années, le couple cherchait la maison où ils pourraient s’installer durablement.

Ils possédaient déjà une maison à Bretteville-en-Saire, mais ne s’y projetaient plus. « Elle était très jolie, avec une vue sur la mer, mais elle était orientée au nord. Tout l’hiver, nous n’avions pratiquement pas de soleil. Il y avait peu de terrain, pas de garage et, surtout, nous nous sommes rendu compte qu’elle ne correspondrait pas à nos besoins en vieillissant », expliquent-ils.

Quand ils achètent la parcelle à Denneville, leur première idée est de construire une petite maison en bois dans le jardin. « Pour la maison existante, on pensait soit la raser, soit la conserver telle quelle pour accueillir les enfants », détaille Stéphane Grudet.

Vers une maison passive

Leur rencontre avec l’architecte Lydie Mouchel, installée à Bretteville-en-Saire, va changer la donne. « Elle nous a expliqué que la maison présentait de très bons atouts pour devenir une maison passive, ou presque. L’orientation était favorable, le climat ici s’y prêtait bien et le terrain avait beaucoup de qualités. »

Frédérique et Stéphane Grudet ont fait appel à l'architecte Lydie Mouchel.
Frédérique et Stéphane Grudet ont fait appel à l’architecte Lydie Mouchel. ©Juliette VOISIN

Le couple se laisse convaincre. Plutôt que de repartir de zéro, il choisit de transformer entièrement l’existant.

Pendant un an et demi, Frédérique et Stéphane suivent le chantier à distance depuis Paris. Une fois l’eau et l’électricité installées, ils passent leurs week-ends dans une caravane installée sur le terrain afin de suivre l’avancée du chantier. « Nous avions même une douche solaire dans le jardin. C’était un peu roots », sourit Frédérique.

Une extension spectaculaire

L’architecte Lydie Mouchel assure la maîtrise d’œuvre.

Mon rôle consiste à faire dialoguer toutes les contraintes : les besoins des clients, leur budget, les règles d’urbanisme, la réglementation thermique…

Lydie Mouchel, architecte

Très tôt, au début des années 2000, Lydie Mouchel s’intéresse à l’architecture écologique, une approche encore peu répandue à l’époque.

« Nous avons fait le choix de déposer entièrement la charpente. Les combles étaient tellement bas qu’il était impossible de se tenir debout. Nous avons donc reconstruit la dalle, les murs, repris les pignons et remonté la charpente. »

À première vue, on pourrait penser que la maison a été surélevée d’un étage, mais non. « C’est une précision importante : ici, l’étage existait déjà. Nous avons simplement rehaussé les volumes pour les rendre habitables. Juridiquement, il s’agit d’une extension. En urbanisme, le vocabulaire est essentiel, car il détermine les autorisations à demander, mais aussi le taux de TVA applicable au projet. »

Une rénovation au-delà des normes

Les espaces sont entièrement redistribués. L’ancien garage devient l’entrée. Le séjour et la cuisine prennent place à l’étage afin de profiter pleinement de la vue. Une terrasse est créée côté mer, tandis que l’ancien grenier devient la chambre.

Cette transformation s’accompagne d’une rénovation énergétique au-delà des exigences actuelles. Isolation thermique renforcée, triple vitrage, VMC double flux, ossature bois remplie de paille et de fibre de bois : tout est pensé pour limiter les besoins en chauffage et s’approcher des performances d’une maison passive.

Dans la cuisine, un magnifique plan de travail en granit réalisé par la marbrerie Requier, à Néhou, inspire tout le reste de la décoration. « À partir du moment où nous avons vu cette pierre, tout est devenu une évidence. On avait l’impression d’y retrouver la mer, le sable, les dunes. C’est elle qui a guidé tout le reste : les couleurs des façades des meubles de la cuisine, des luminaires… »

Aujourd’hui, quelques cartons attendent d’être déballés et quelques finitions restent à réaliser. Mais chaque matin, le couple prend son petit-déjeuner face aux dunes. « C’était notre objectif depuis le début : vivre à l’étage pour profiter de la vue. C’est exactement ce que nous étions venus chercher. »

Mission accomplie : le pavillon qu’ils envisageaient un temps de démolir est devenu la maison où ils imaginent désormais passer leur retraite.

Épisode 1 : « Il faut en profiter tant qu’elle est là » : sa maison de vacances est une cabane de 12 m2 face à la mer

Épisode 2 : La Hague : comment cette décoratrice a transformé une vieille maison de pêcheur en charmant cottage

Épisode 3 : « Avec les codes de l’Art déco » : des agents immobiliers révèlent le potentiel de leur appartement à Cherbourg

Épisode 4 : « Capter la vue, c’est ce qui m’a guidé » : dans la villa contemporaine d’un couple d’architectes du Cotentin

Épisode 5 : À Saint-Vaast-la-Hougue, ils ont transformé cette maison de la digue en belvédère sur la mer

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