Violaine Picaut est une céramiste crozonaise qui propose de petits utilitaires. Les périodes caniculaires l’ont poussé à réfléchir et imaginer des prototypes de sculptures adiabatiques, pensées pour refroidir l’air en utilisant l’évaporation et l’effet venturi. Pour concevoir ses pièces, la créatrice s’appuie sur la porosité naturelle de la terre. « C’est comme une peau », souligne-t-elle. Ses prototypes en grès bénéficient d’une cuisson unique à 1 000 °C, afin de les garder très poreux, une étape technique précise : « C’est ce que l’on appelle un dégourdi », explique-t-elle. Une fois immergées dans l’eau, les sculptures s’imbibent généreusement et conservent la fraîcheur.
Évaporation et effet Venturi
Les deux prototypes conçus par l’artiste s’appuient sur des principes physiques bien connus pour perdre de la température. Le premier s’appuie sur « l’évaporation, qui a pour effet d’absorber de l’énergie thermique et donc de réduire la température des deux milieux en contact », explique-t-elle. Le second utilise, lui, l’effet venturi « dont la formation d’une dépression entraîne une chute de température ». Consciente du potentiel de son projet, l’artiste souhaite désormais aller plus loin. « La prochaine étape consiste à me rapprocher d’experts en physique. Je me demande jusqu’où le dispositif est efficace, je n’ai pas encore de preuves scientifiques et je souhaite vraiment pousser les recherches », annonce-t-elle.
Trouver des noms de courants d’air
Ces créations, esthétiques tout autant qu’utiles, ne sont pourtant pas destinées à la vente. Elles font écho à d’autres structures développées sous diverses latitudes, à l’image de ces installations métalliques observées en Inde : d’imposants assemblages de tubes empilés raccordés à une pompe, dégoulinant d’eau tout au long de la journée pour rafraîchir l’atmosphère. Se définissant comme « une grande curieuse », Violaine Picaut alimente continuellement sa démarche d’un travail de documentation approfondi. Son objectif principal ? « Ouvrir d’autres possibles. » Parmi ses pièces phares, véritables objets « couteaux suisses » qui captent l’attention, le prototype baptisé Carctik illustre parfaitement cette alliance entre recherche technique et poésie de la forme.
Toujours en quête d’inspiration, la céramiste cherche désormais à baptiser les différents courants d’air générés par ses pièces : « des noms poétiques pour ces mini-souffles de nos maisons ». Elle lance alors une démarche participative et poétique auprès du public, à l’atelier de Cath, à Morgat où sont actuellement exposées ses œuvres. Les visiteurs sont invités à proposer des idées de noms, tout en observant ce travail singulier aux frontières de l’artisanat, du design et de la physique.
Pratique
Violaine Picaut expose ses prototypes à l’atelier de Cath au 1 rue Surcouf à Crozon Morgat et ses céramiques à l’atelier de Leila au 13 rue de Reims à Camaret. Contact : tél. 07 86 11 02 24, courriel au [email protected].