Louis Wittock, cofondateur et CEO de Reform, et Elizabeth McCaul, présidente exécutive du conseil d'administration.Louis Wittock, cofondateur et CEO de Reform, et Elizabeth McCaul, présidente exécutive du conseil d'administration.Louis Wittock, cofondateur et CEO de Reform, et Elizabeth McCaul, présidente exécutive du conseil d’administration. ©D.R.Jumeau numérique

Manifestement, les systèmes informatiques déployés depuis plusieurs décennies au sein de très nombreuses banques – les « legacy systems » – ne sont pas, ou plus, à la hauteur des défis liés à la conformité AML (« Anti-Money Laundering ») et CFT (« Countering the Financing of Terrorism »). Ces initiales désignent l’ensemble des processus permettant à une organisation – banques et sociétés d’assurance, par exemple – de prévenir, détecter et signaler le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme conformément aux exigences légales et réglementaires applicables au niveau international et européen.

Reform Technologies traque le blanchiment : « Il est devenu indispensable, si on veut lutter à armes égales, d’utiliser l’IA »

Reform a été fondée, précisément, pour proposer aux banques des outils à la fois adaptés aux technologies actuelles (intelligence artificielle), efficaces et ne nécessitant pas de faire table rase du passé.

La solution de Reform consiste à réaliser un « digital twin » des systèmes AML existants. « On crée une copie digitale des legacy systems et, grâce à l’IA, on teste une série de modifications et les résultats qu’elles permettent d’obtenir en termes de qualité de détection des fraudes. Si ces tests sont positifs, on les valide et on les met alors en production », explique Louis Wittock. Cette approche a un double avantage : d’une part, elle permet aux banques de « simuler, valider et optimiser leurs dispositifs de surveillance des transactions » ; d’autre part, elle facilite l’intégration de nouvelles technologies, dont l’IA, dans des environnements existants souvent complexes à transformer.

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Pour la filiale belge d’une grande banque européenne, nous avons atteint une réduction de 64% de leurs coûts de détection. »

Cette stratégie a déjà fait ses preuves dans plusieurs banques belges et irlandaises, qui ont été les deux premiers marchés abordés par Reform. « On est parvenu à la fois à réduire le nombre de fausses alertes à investiguer, et les dépenses engagées par les banques, et à automatiser une série de tâches qui, aujourd’hui, sont encore faites manuellement. Pour la filiale belge d’une grande banque européenne, nous avons atteint une réduction de 64 % de leurs coûts de détection ». Outre la Belgique et l’Irlande, Reform revendique aussi des projets en Italie et aux Pays-Bas.

Équipe de choc

Au-delà de la stratégie, c’est le casting de Reform qui impressionne. Le cofondateur, Filip Verbeke, est un expert reconnu de l’AML. Cela fait plus de 20 ans qu’il est actif dans les technologies de lutte contre le blanchiment d’argent et la conformité réglementaire. MM. Wittock et Verbeke se sont entourés d’une petite vingtaine de personnes, dont plusieurs ingénieurs spécialisés en IA.

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Elizabeth McCaul, Larry Sobin, Jeff Lavine et Markus Schulz ont tous participé à ce tour de table, témoignant de leur confiance dans la mission de l’entreprise et dans son potentiel à long terme. »

Au début de l’été, Reform a par ailleurs profité d’une première levée de fonds d’environ 1 million d’euros pour attirer, au sein de ses organes de gouvernance, plusieurs grosses pointures de la supervision financière et de la lutte contre la criminalité financière. Ainsi, Elizabeth McCaul, ex-membre du Conseil de Surveillance de la BCE, a été nommée présidente exécutive du conseil d’administration de Reform.

La société a par ailleurs nommé Larry Sobin (ex-Chief Operating Officer de BNP Paribas CIB) et Jeff Lavine (ex-Global Partner AML & Financial Crime chez PwC) au sein du conseil d’administration. Enfin, Markus Schulz, ex-Chief Financial Crime Officer d’ING et actuel Chief Technology Officer de K2 Integrity, a été nommé président de l’Advisory Board de Reform.

« Elizabeth McCaul, Larry Sobin, Jeff Lavine et Markus Schulz ont tous participé à ce tour de table, témoignant de leur confiance dans la mission de l’entreprise et dans son potentiel à long terme », se réjouit Louis Wittock.

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Ces annonces interviennent à un moment charnière pour la supervision anti-blanchiment en Europe (à laquelle Elizabeth McCaul a d’ailleurs œuvré). AMLA, la nouvelle autorité européenne anti-blanchiment, est désormais opérationnelle et prépare la sélection des 40 institutions financières qui seront directement supervisées à partir de 2028.

Si Louis Wittock reste discret sur les revenus de Reform, il fait tout de même état de « plusieurs contrats qui se chiffrent en millions d’euros ». Une nouvelle levée de fonds, comprise entre 5 et 10 millions d’euros, est par ailleurs en cours afin d’accélérer le déploiement de Reform en Europe et aux États-Unis.