Les conséquences sont déjà bien concrètes dans les élevages. La production de lait serait en baisse de 30 à 40 %, tandis que certains agriculteurs doivent déjà puiser dans les fourrages prévus pour l’hiver prochain afin de nourrir leur bétail. Une situation qui risque de compliquer encore davantage les mois à venir.
Les cultures ne sont pas épargnées. Pommes de terre, maïs, betteraves, pommes et poires accusent elles aussi le coup, avec des pertes de rendement d’ores et déjà estimées entre 30 et 50 % selon les productions. Après une année 2025 déjà difficile, notamment pour les producteurs de pommes de terre, la facture pourrait donc à nouveau être lourde.

La députée Aurore Goossens a visité une ferme à Chièvres. ©D.R
Aurore Goossens s’est rendue dans une exploitation de Chièvres, chez Stéphane et Ludovic Feys, qui élèvent quelque 200 vaches à la traite. L’élevage a développé plusieurs dispositifs pour protéger les animaux des fortes chaleurs : rideaux latéraux, ventilation par surpression ou encore système de douche permettant de rafraîchir légèrement le bétail durant la journée. Des équipements qui restent encore peu développés dans les exploitations hennuyères.
Dans les prairies, le manque d’eau se traduit aussi directement dans les récoltes. Quatre coupes ont été réalisées depuis le début de l’année, contre six habituellement, et les possibilités de repousse sont désormais très limitées. Le maïs souffre lui aussi fortement, avec des plants qui ne se développent pas suffisamment et dont la valeur nutritive risque d’être très faible.
Pour Aurore Goossens, cette situation montre surtout la nécessité d’adapter progressivement l’agriculture hennuyère. « Il va falloir apprendre à produire dans des conditions climatiques différentes et donner aux agriculteurs les moyens de s’y adapter », préconise la députée, en soulignant notamment le rôle du CARAH. En effet, le Centre pour l’Agronomie et l’Agro-industrie de la Province de Hainaut mène des expérimentations dans la recherche de solutions permettant de mieux préserver l’eau et les sols, d’adapter les cultures et de renforcer l’autonomie des exploitations.
Car au-delà de l’épisode de sécheresse actuel, c’est bien la capacité des fermes du Hainaut à faire face à des conditions météo de plus en plus extrêmes qui se pose désormais.