L’opérateur, positionné sur des offres à bas prix, préfère donc concentrer ses moyens sur l’infrastructure, comme Jeroen Degadt nous l’expliquait déjà en décembre. « Les objectifs de vente sont là, bien sûr, mais ce n’est pas le premier objectif. Pour être un opérateur indépendant en Belgique, nous devons construire beaucoup plus », insiste le dirigeant.
L’opérateur télécom Digi comptait 91.000 clients mobiles fin de l’an dernier« Nous avons cinq ans pour couvrir toute la Belgique »
Car le problème reste le même : malgré son offre alléchante, le nouvel opérateur ne parvient pas à toucher suffisamment de clients pour son offre fibre. Pour son offre mobile, la couverture en Belgique est totale, mais le réseau est encore majoritairement loué à Proximus, ce qui ne permet pas une réelle rentabilité.
Ainsi, DIGI s’est engagé dans un plan de déploiement de son propre réseau mobile sur cinq ans. « Nous avons l’ambition de couvrir toute la Belgique en cinq ans, précise Jeroen Degadt. Le client ne voit pas encore la différence, mais nous sommes en train de construire notre propre réseau. Plus nous construisons, plus nous pourrons augmenter le volume de data dans nos offres mobiles. Le plus grand défi aujourd’hui, c’est de construire. Ensuite, le commercial suivra. »
Et, le déploiement progresse, même si l’opérateur souhaiterait aller plus vite. « Ça avance bien, mais en Belgique, cela reste toujours un défi. Nous voulons accélérer autant que possible », reconnaît-il.
Télécoms: DIGI, un an après son arrivée, n’a pas révolutionné le marché mais reste ambitieux; « L’offre TV est en pause. La priorité est le réseau »« Il faut d’abord construire la fibre »
En parallèle du mobile, DIGI poursuit l’extension de son réseau fibre, et c’est là qu’il y a le plus de travail à fournir. « Nous sommes actifs à Bruxelles, à Liège et à Charleroi, et nous construisons aussi à Gand. Dans les zones où nous vendons de la fibre, nous voyons une traction positive, indique Jeroen Degadt. Plus de footprint fibre nous aurons, plus de clients nous aurons, c’est aussi simple que cela. »
De nouvelles communes ont autorisé des chantiers, ce qui pourrait permettre d’accélérer le déploiement. « Nous avons des plans pour les 19 communes bruxelloises, pour Liège, Charleroi et Gand, et nous voulons encore aller dans d’autres villes », poursuit-il.
En matière d’objectifs commerciaux, l’opérateur reste prudent. « Il n’y a pas d’objectif chiffré très précis, parce que la construction du réseau reste la priorité. L’objectif du groupe est de faire en 2026 un nombre de nouveaux clients similaire à 2025 », conclut prudemment le manager.