C’est « le plus impitoyable des êtres vivants de la planète, un tueur assoiffé de sang, bien décidé à nous empoisonner la vie, en particulier lors des douces soirées d’été. Un assassin presque silencieux qui sait choisir son moment, celui où nous sommes le plus vulnérables. » Cet ennemi mortel de l’humanité, décrit par De Morgen, c’est le moustique, un insecte auquel le quotidien flamand a consacré un long et passionnant article, celui qui ouvre notre dossier de la semaine.
Courrier international n °1868, daté du 20 août 2026. .
Courrier international n °1868, daté du 20 août 2026.
Car au-delà des démangeaisons, du bruit infernal et des nuits blanches qu’il engendre, le moustique est aussi le vecteur de maladies mortelles, comme le paludisme, la dengue, la fièvre jaune, le virus Zika, le virus du Nil occidental ou encore le chikungunya. Des maladies qui provoquent chaque année plus d’un million de morts, et dont l’aire géographique ne cesse de croître. Ainsi, selon une étude de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), du Cirad et de l’Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics (ICTP), publiée le 10 août dans Global Change Biology, « le moustique-tigre et la dengue devraient s’étendre à tout l’Hexagone d’ici à cinquante ans sous l’effet du réchauffement climatique, sauf dans les zones de montagnes ».
Alors, comment le combattre ? Comment neutraliser ce minuscule assassin, doté d’une capacité d’adaptation hors pair ? Pour mémoire, il ne lui aura fallu que sept ans pour développer une résistance au DDT, un insecticide organochloré ravageur – et pas seulement pour les moustiques. C’est toute la question de ce dossier, qui explore les stratégies – drones, pièges odorants, utilisation de bactéries… – déployées aux États-Unis, à Singapour, en Chine…
Ce combat, mené sur une grande partie de la planète, pourrait-il aller jusqu’à l’éradication de cette espèce ? Et le faut-il ? Au-delà du problème éthique posé par l’élimination d’une espèce entière, « il faut se rappeler que le moustique est une pièce irremplaçable du vivant, écrit le journal catalan Ara. Le supermarché de la biodiversité : leurs larves filtrent la matière organique et constituent l’aliment essentiel des poissons et des amphibiens, et les adultes sont consommés par des oiseaux insectivores, des chauves-souris et des libellules. » De plus, ils jouent le rôle de pollinisateurs pour certaines plantes. Se débarrasser du moustique serait donc une catastrophe écologique. Un remède bien pire que le mal.
