
Publié le 19 août à 14h36
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Anticipant sans doute l’arrivée d’un iPhone pliant au format moins allongé, le géant sud-coréen Samsung a dégainé le premier un smartphone pliant plus petit. On fait le tour des avantages et des inconvénients de cette nouvelle formule qui fait l’unanimité sur un point : « trop mignon ».
Pionnier des smartphones pliant depuis le premier Fold de 2019 (déjà), Samsung a fait preuve d’une belle persévérance sur un marché qui reste niche : on ne peut pas dire qu’on croise énormément de téléphones de ce type. La présence du N1 du smartphone Android a cependant poussé la concurrence dans le dos, depuis plusieurs années. Et il se murmure que dans quelques semaines, Apple pourrait débarquer tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, en attirant toute la lumière sur les formats pliants en trouvant une approche différente (généralement) synonyme de succès. Pour ne pas laisser toute cette lumière à son concurrent américain, Samsung a donc présenté 3 form factor (format) différents pour sa moisson 2026 de smartphones pliables. Le bien connu Fold 8 Ultra (qui garde le format initial du Fold, donc un smartphone « normal » qui double son écran quand on l’ouvre), le Flip 8 (un petit carré qu’on déplie pour en faire un smartphone normal) et enfin, le Fold 8, qui est donc un « ancien » nom pour un nouveau format de type « passeport ». J’ai passé une partie de mon été avec, et voici mon verdict.

12,4 sur 8,2 cm : un format inédit et très compact – RTL info
So cute…
C’est vrai qu’il est mignon. Pas une personne que j’ai croisée n’a dit autre chose. « Hé, c’est marrant comme format », « Oh, il est petit et fin, trop pratique à transporter » : ces deux phrases résument bien la situation. 9,7mm fermé (seulement 4,5mm quand il est ouvert, Samsung fait des miracles de miniaturisation), des bordures d’écran très fines, 12,4 cm sur 8,2 cm, 201 grammes… Le Fold 8, avec son format rappelant celui du passeport (moins allongé que les smartphones traditionnels, donc), se glisse dans toutes les poches, s’utilise assez facilement tant en position ouverte que fermée. Et comme souvent, ce qui est petit est mignon…

9,7 mm : même fermé, le Fold 8 n’est pas si épais que ça… – RTL info
Vraiment pratique, ce format passeport ?
Passé l’admiration pour la technique de Samsung, capable de fabriquer quasiment n’importe quel format de smartphone avec de très beaux écrans et une finition parfaite, attardons-nous sur un élément essentiel : que permet ce nouveau format d’écran ?
Fermé, le Fold 8 offre un petit écran de 5,5 pouces (c’est 20 à 30 % de moins que la plupart des smartphones « normaux ») au ratio 10/16. C’est donc à la fois plus large et moins haut et qu’un iPhone (ratio 9/19,5). Ce n’est un avantage que pour ceux qui utilisent très régulièrement leur appareil à deux mains. Avec ma seule main droite, je dois oser des manipulations dangereuses pour atteindre la partie gauche de l’écran ; un problème que l’on rencontre, soyons honnêtes, avec tous les grands smartphones. Pour la plupart des applications, ce format moins vertical n’a pas posé de problème. Mais j’ai à plusieurs reprises noté des bugs d’affichages ou des boutons tronqués, nuisant à l’ergonomie de ces applications. Quant aux écrans d’accueil, ils sont plus ramassés, mais ça ne pose aucun souci, ajoutant même au côté « mignon ».

Dans la plupart des cas, rien à reprocher au mode « fermé » (mais certains jeux, par exemple, pourraient tronquer des boutons) – RTL info
Ouvert, le Fold 8 arbore fièrement un écran de 7,6 pouces (cette fois, c’est 20 à 30 % de plus qu’un smartphone « normal »), avec un ratio 4/3 rappelant les anciennes télévisions ! Ce n’est donc pas encore parfait pour une vidéo 16/9, mais étant un amateur de séries étrangères en V.O. et sous-titres, ça leur laisse une précieuse place pour ne pas encombrer la vidéo. On peut bien sûr ouvrir deux fenêtres d’app en même temps, mais avec les contraintes d’affichage évoquées dans le paragraphe précédent (ça reste anecdotique au quotidien, de toute façon). Gros avantage : regarder (et surtout montrer) vos plus belles photos de vacances à quelques camarades assis à côté de vous ; elles s’afficheront en plein écran et ça a son petit effet « waouw ». Pour le reste, on retrouve les mêmes limites que pour les anciens Fold : certaines applications gèrent bien l’écran large, d’autres ne veulent rien savoir, forçant l’interface à ajouter de larges bordures grises sur les côtés (notamment Facebook).

Des bords noirs inévitables (du 4/3 qui affiche du 16/9), mais qui peuvent s’avérer utiles pour les sous-titres – RTL info

Certaines applications, en revanche, ne s’adaptent pas (ou très mal) à au format 4/3 – RTL info
En conclusion : ce nouveau format pliant pour smartphone est un mal pour un mieux. Par rapport aux Fold d’avant, plus verticaux, on gagne un vrai confort de visionnage de photos et de vidéos quand l’appareil est ouvert. Mais fermé, le nouveau Fold 8 ne pourra pas afficher entière et correctement certaines applications plus « figées », moins souples ou moins responsives… À vous de choisir, mais une chose est sûre, l’écrasante majorité des applications sont conçues pour l’écrasante majorité des smartphones : au format 9/20 (majoritaire lui aussi…). Lueur d’espoir pour les amateurs de format pliable : l’arrivée d’Apple sur ce segment, qui pourrait embarquer les développeurs d’applications avec lui, pour de nouvelle manière d’interagir avec un nouveau ratio d’écran.
Et le reste ?
Disons que c’est… plus contrasté. La fiche technique du Fold 8 est bonne, mais à 1.999 €, on pourrait s’attendre à une excellente. Au niveau de la puissance, on a un Snapdragon 8 Elite Gen 5 « spécial Galaxy », ce qui est le top. Mais avec 12 GB de RAM et 256 GB de stockage (des options plus onéreuses existent), une batterie de 4 800 mAh en charge filaire uniquement (45W, ce qui est bien sans être incroyable), on a le droit d’être un peu déçu.

Belles finitions de Samsung, comme toujours : la pliure est de moins en moins visible (il faut chercher l’angle de vue) et on ne la sent presque plus avec le doigt – RTL info
La partie photo est également moins ambitieuse. Le Fold8 possède un module principal de 50 mégapixels et un ultra grand-angle de 50 mégapixels, mais aucun téléobjectif dédié. À cela s’ajoutent l’absence de compatibilité avec le S Pen, une protection IP48 qui ne garantit pas une résistance à la poussière, l’absence de capteur d’empreinte sous l’écran (il faut bien mettre son pouce sur le fin bouton de déverrouillage de la tranche, et avec moi ça n’est pas toujours très efficace), tout comme celle d’un système de style « MagSafe » ou « Pixelsnap » (pour tous les accessoires aimantés qui commencent à être nombreux).
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Samsung est-il radin ? Non, il a dû faire des compromis avec l’espace disponible dans ce format contenu, et surtout, laisser de la place au grand frère. Le Galaxy Z Fold8 Ultra (2.199 €) conserve effectivement certains attributs plus premium. Il bénéficie d’une batterie de 5 000 mAh et d’un système photo plus complet, avec un capteur principal de 200 mégapixels, un ultra grand-angle de 50 mégapixels et un téléobjectif 3X de 10 mégapixels. Il est aussi plus fin fermé, avec 8,9 mm contre 9,7 mm pour le Fold8, et sa charnière prend en charge le Flex Mode (un mode chevalet automatique quand on le pose déplié aux 2 tiers).

La partie photo, sans doute la seule déception de cet appareil à 1.999 € – RTL info
