Selon les derniers chiffres du Trésor américain, la dette s’élevait à 39 900 milliards de dollars à la mi-août et elle continue de progresser rapidement. En cause, notamment, les droits de douane du président américain, jugés illégaux le 20 février dernier par la Cour suprême américaine.
Remboursement des droits de douane illégaux : les importateurs américains entre impatience et galèresDes droits de douane pour sauver les États-Unis ?
Pour rappel, en avril 2025, lors de son fameux Liberation Day, le président américain Donald Trump avait annoncé qu’il allait appliquer des droits de douane frappant les importations américaines en provenance de nombreux pays. L’objectif de Trump était alors de réduire le déficit commercial américain, de favoriser la production industrielle sur le sol américain et d’engranger des recettes pour réduire le déficit public du pays.
Mais en février dernier donc, la Cour suprême a jugé que Trump avait outrepassé ses pouvoirs et avait décidé d’annuler ces surtaxes. Selon des documents consultés par l’AFP en juillet, le gouvernement américain a ainsi déjà remboursé près de 100 milliards de dollars depuis cette décision.
C’est en partie cette annulation qui alourdit la dette publique. Car en supprimant ces droits de douane, le gouvernement américain a perdu les recettes qu’il espérait continuer à percevoir. Selon les chiffres cités par le Washington Post, cette annulation a ainsi réduit les recettes fédérales d’environ 250 milliards de dollars. Si, le gouvernement reçoit 250 milliards de dollars de moins que prévu, alors, il doit donc trouver cet argent ailleurs, notamment en empruntant davantage.
D’autres facteurs
Toutefois, les droits de douane annulés ne sont pas l’unique source de l’augmentation rapide de la dette. Mais ils interviennent dans un contexte budgétaire déjà très compliqué.
Au cours des vingt-cinq dernières années, la dette a fortement augmenté sous les présidents républicains comme démocrates. Et ce, pour plusieurs raisons. Les baisses d’impôts de l’ère George W. Bush, les guerres en Irak et en Afghanistan, la crise financière de 2008, puis les baisses d’impôts décidées sous Donald Trump en 2017, y ont notamment contribué.
Trump a trouvé une nouvelle arme pour imposer de nouveaux droits de douane : « Il est imprévisible »
La pandémie de Covid-19 a ensuite provoqué une nouvelle explosion des dépenses publiques. En 2020 et 2021, les autorités américaines ont adopté des plans massifs pour soutenir les ménages, les entreprises et l’économie. L’administration Biden avait alors notamment lancé un plan de relance de près de 2 000 milliards de dollars.
Plus récemment, le « One Big Beautiful Bill Act », signé par Donald Trump en juillet 2025, a lui aussi aggravé les perspectives budgétaires. Selon les estimations du Congressional Budget Office (CBO) citées par le Washington Post, cette loi devrait augmenter les déficits fédéraux d’environ 4 700 milliards de dollars sur dix ans. Pour rappel, cette loi budgétaire a notamment fait réduire les impôts pour les entreprises.
Lors de sa première campagne en 2016, Trump s’était pourtant engagé à éliminer la dette en huit ans, or, elle a doublé depuis son entrée en fonction, explique le Washington Post. Ce dernier comptait donc en partie sur ses droits de douane. Un pari perdu ?