Sur les écrans en France ce mercredi 19 août, le deuxième long-métrage du réalisateur bolivien Álvaro Olmos Torrico, issu du Work in Progress de Ventana Sur et Cinélatino de Toulouse. Ce récit d’initiation au métier d’accoucheuse traditionnelle de la jeune Clara raconte le combat entre tradition et modernité et comment l’irruption d’un poste de radio peut chambouler une vie d’adolescente.

Publié le : 19/08/2026 – 09:21

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Dans la pénombre d’une maison traditionnelle, une femme, soutenue par son mari, gémit doucement. Elle est en train de mettre au monde un enfant avec l’aide d’une accoucheuse traditionnelle, Ana, et de la jeune Clara, une adolescente. Celle-ci chante – en quechua – et la mélodie apaise la femme en couches. Composée comme un tableau, la scène est éclairée de bougies et d’un feu de bois, façon Le Nouveau-né, célèbre tableau de Georges de La Tour. Le premier cri du bébé explose sur des images des Andes dans leur imposante majesté. Fragilité des hommes dans une nature monumentale.

En remerciement pour son chant, la jeune fille reçoit de la famille un poste de radio. Avec la radio, les longues marches dans la montagne pour aider les femmes sembleront plus courtes, explique Clara à Ana. La culture urbaine, ses musiques et son bruit, font irruption dans leur univers. Avec la tentation d’un ailleurs : très belle image de l’adolescente, assise au milieu d’un champ de blé, le poste collé sur l’oreille, sur fond de rayons du soleil caressant les cimes des Andes. On salue au passage le travail du chef opérateur Nicolas Wong Diaz que nous avons déjà croisé sur de nombreux films comme Domingo et la brume (2022), Tengo sueños eléctricos ou encore Cómprame un revolver (2018).

«La hija Cóndor», un film du Bolivien Álvaro Olmos Torrico, raconte l'histoire de Clara et comment un poste de radio va bouleverser le quotidien de la jeune fille.

«La hija Cóndor», un film du Bolivien Álvaro Olmos Torrico, raconte l’histoire de Clara et comment un poste de radio va bouleverser le quotidien de la jeune fille. © https://www.waynapitch.com/

Nous sommes dans un monde de femmes : Ana la sage-femme et les mères, l’équipe de football, Clara et son amie Flora qui ne rêve que de quitter le village ou encore Efro qui sera punie par la communauté. Des femmes soumises au patriarcat, durement châtiées quand elles contreviennent aux règles du groupe. « Ce sont nos us et coutumes, tu dois être patiente », explique Ana à la jeune fille révoltée après l’humiliation publique subie par son amie Efro. Mais la patience n’est pas ce qui caractérise la jeunesse, où qu’elle vive. Entre les chants traditionnels et le métier d’accoucheuse auquel elle se prépare, et l’attrait de la ville et de la musique moderne, le cœur de Clara balance.

Le film, inspiré de sa rencontre avec une accoucheuse traditionnelle dans un village reculé des Andes, raconte le réalisateur Álvaro Olmos Torrico, illustre la lutte entre tradition et modernité, entre transmission d’un savoir traditionnel et découverte empirique du monde. Des questionnements universels. L’irruption dans la vie de la communauté de médecins blancs venus de la ville qui viennent signifier à Ana qu’elle ne doit plus exercer sera un point de bascule.

Si le film épouse dans la première partie le point de vue de Clara, dans un deuxième temps, il s’attache à celui d’Ana partie à la recherche de la jeune fille. Il est servi par deux beaux personnages interprétés avec beaucoup de justesse (pour l’essentiel en langue quechua) par les deux principales comédiennes, Marisol Vallejo Montaño (Clara), qui est musicienne, et Maria Magdalena Sanizo (Ana), qui font toutes deux leurs premières apparitions à l’écran et sont filmées avec beaucoup de soin et d’empathie.

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