La formation américaine accuse la plateforme et les producteurs AEG Presents d’avoir utilisé leur nom sans leur consentement pour le film d’animation oscarisé.

Le plus gros succès commercial de Netflix impliqué dans une affaire judiciaire. Mardi 18 août, la plateforme de streaming et les producteurs de concert AEG Presents ont appris qu’un groupe de metal originaire de Seattle a déposé une plainte à leur encontre pour « contrefaçon » et « concurrence déloyale ». La formation américaine, qui se fait appeler Demon Hunter (Chasseur de démons) depuis le début des années 2000, accuse les deux entreprises d’avoir volé et utilisé leur nom pour le long-métrage KPop Demon Hunters, visionné plus de 640 millions de fois au cours de la dernière année sur Netflix et lauréat d’un Oscar du meilleur film d’animation.

Les musiciens, qui disent appartenir au « metalcore chrétien américain », reprochent à Netflix et AEG d’avoir « provoqué une confusion » au sein du public et d’avoir créé un business florissant autour de cette marque avec la production d’un film, la mise en vente de produits dérivés et l’organisation d’une tournée mondiale l’année prochaine. Dans leur plainte, consultée par la BBC et le média Complex, le quinquet de musiciens demande des dommages et intérêts aux deux structures, car il aurait déposé la marque « Demon Hunter » en 2022. Le groupe réclame aussi à la justice américaine d’interdire, à compter d’aujourd’hui, l’utilisation de son nom de scène par un tiers.


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Billets achetés par erreur

La formation de metal, écoutée par plus de 350 000 fans chaque mois sur Spotify, accuse Netflix et AEG de profiter de leur statut d’« entreprise géante » pour « protéger jalousement leurs droits de propriété intellectuelle ». « Ils les font valoir, tout en méprisant délibérément les droits d’autrui dans leur quête de profit », dénonce-t-elle. Demon Hunter aurait été mis au courant de cette spoliation après avoir reçu un courriel de la part d’une personne détentrice de plusieurs billets d’une valeur de 500 euros pour un de leurs concerts. L’acheteur aurait demandé le remboursement, car il pensait s’être procuré des places pour un spectacle de la tournée KPop Demon Hunters, produite par AEG.

Selon nos confrères britanniques, un producteur de télévision aurait également contacté les équipes de management de Demon Hunter avant de se raviser en découvrant que le groupe n’avait aucun lien avec le film d’animation Netflix. Dans la plainte, la formation américaine se félicite d’avoir « soigneusement construit sa réputation au cours du dernier quart de siècle » en sortant quelque douze albums et en se produisant aux quatre coins du monde. Mais elle se dit aujourd’hui « confrontée à une crise existentielle » et espère faire entendre sa voix.