l’essentiel
Bénévole à Foix Terre d’Histoire, gymnaste et clarinettiste, Colin joue aussi avec l’image en expérimentant la photographie. Un passe-temps qui l’a amené, samedi 8 août, à capturer le château de Foix sous les éclairs et à partager le cliché avec la mairie.

Les doigts virevoltent au-dessus de l’écran de son téléphone, balayant les images de sa galerie. À seulement treize ans, Colin Debrauwer possède déjà ce que l’on pourrait appeler l’œil du photographe. « J’aime en prendre et, souvent, je recherche la photo parfaite. »

Cette motivation l’a poussé, samedi 8 août, lors du spectacle nocturne de l’association Foix Terre d’Histoire, où il est bénévole, à immortaliser un instant unique : celui du château sous la foudre. « J’ai une longue pause juste après la scène de l’enterrement, alors j’en ai profité. Il y avait des éclairs impressionnants, cela m’a donné envie. Je me suis positionné à la sortie du terrain et j’ai attendu. »

Une minute. Cinq minutes. Dix minutes. « Au bout de quinze, des amis m’ont dit : « Laisse tomber, tu n’y arriveras pas ». J’ai dû en faire plusieurs, mais j’y suis arrivé, j’étais fier. »

« J’ai tout de suite été d’accord »

Mais hors de question de garder ce cliché pour lui. Ce qu’il voulait, c’était le partager. « J’ai été subjugué quand il a pris l’initiative de chercher un moyen de contacter le service communication de la mairie », confie Émeric Debrauwer, son père.

S’il a envoyé le courriel sans grand espoir, il a été surpris de recevoir une réponse. « Ils m’ont proposé de publier la capture sur le compte Facebook en me mentionnant. Évidemment, j’ai tout de suite été d’accord », s’enthousiasme Colin. « Ils ont juste indiqué que j’étais au festival Ingénieuse Afrique, alors que j’étais bien ici, à l’Autre Foix. »

Sous la publication, les réactions s’emballent. Plus de mille « j’aime », 240 partages, et dans les 36 commentaires, plusieurs félicitent l’adolescent, complimentant l’image. « Je n’ai pas les réseaux sociaux, mais mon père m’en a parlé. Cela m’a fait énormément plaisir. »

« Je ne m’inspire de personne. C’est juste moi et ma vision »

D’autant que pour le collégien de Lakanal, la photographie relève davantage du simple passe-temps que d’une véritable passion. « C’est vraiment quand j’ai un moment et surtout de la motivation. »

Parce que Colin cumule deux activités extrascolaires en plus de ses entraînements avec l’association pour ses apparitions dans le spectacle historique : la gymnastique sportive, où il se produit en compétition, et la clarinette, qu’il apprend au conservatoire de Foix.

Le cliché a été partagé sur les réseaux sociaux de la mairie.

Le cliché a été partagé sur les réseaux sociaux de la mairie.
Colin Debrauwer

La prise de photo lui est venue bien après, grâce à ses parents. « Nous sommes architectes, et l’idée est de préserver un souvenir de l’architecture, du paysage », explique Émeric Debrauwer.

Petit à petit, Colin expérimente. Il trifouille les réglages. « Je me dis « tiens ce résultat, c’est intéressant, cela c’est pas mal pour une prochaine ». Parfois, je demande à ma mère un peu d’aide », retrace-t-il. « J’aime aussi beaucoup, même si ce n’est pas une passion. Je ne m’inspire de personne. C’est juste moi et ma vision. »

Des clichés aériens au drone pour son collège

Aujourd’hui, il propose même ses services. Ainsi, grâce à son drone, il fournit la base des visuels pour les consignes de sécurité du Festival l’Autre Foix. « C’est toujours bien d’avoir un appareil photo volant. Je vais prendre une sorte de portrait familial de tous les bénévoles pour la fin de la représentation », assure-t-il alors que le dernier show se prépare, mardi 18 août.

Aussi sollicité par son collège, il immortalise les élèves de l’année. « C’est pour les mettre en valeur au départ de l’année suivante. Je l’ai fait l’année dernière et je pense que je le ferai aussi l’année prochaine. »

Pour le moment, le gymnaste ne se projette pas dans une carrière dans la photographie. Colin a jeté son dévolu sur un tout autre domaine : la médecine. Plus particulièrement, la chirurgie. « Mais ce sont de longues études, treize ans. C’est aussi long que ma vie. »

Le jeune homme l’affirme, il a encore bien des choses à faire avant de se lancer si l’envie se présente. Il se concentre d’abord sur l’obtention de son brevet. La suite reste encore à découvrir et peut-être à immortaliser.