« Un préavis de grève est déjà déposé » : les syndicats enseignants se préparent pour une rentrée qui s’annonce mouvementée« Ils ne veulent plus entendre parler de l’enseignement »

Pour le syndicaliste, cette incertitude qui s’installe risque de se poursuivre après la rentrée. « Jusqu’à la rentrée, et même après, on va assister à des surprises avec des gens qui sont dans l’incertitude, qu’on va parfois rappeler au dernier moment », prévient-il.

Mais au-delà de l’organisation des horaires, c’est aussi l’attractivité du métier qui inquiète la CSC. Roland Lahaye affirme recevoir quotidiennement des appels d’enseignants découragés qui décident de changer de carrière. « Ils ne veulent plus entendre parler de l’enseignement, même si c’était leur premier choix de carrière », rapporte-t-il.

Certains envisageraient désormais une reconversion plutôt que de continuer dans un système qu’ils jugent trop incertain. Une situation qui, selon lui, risque d’aggraver la pénurie d’enseignants. « Quand la ministre nous dit qu’elle veut régler la pénurie, je suis désolé, mais les mesures qu’ils viennent de prendre font tout le contraire », estime-t-il.

Pour illustrer les conséquences de la réforme, le syndicaliste évoque un effet domino : un enseignant du degré supérieur qui doit récupérer des heures peut, lorsqu’il dispose du titre requis, aller les chercher dans le degré inférieur. « Lui, il va aller prendre la place de quelqu’un qui était au degré inférieur et qui n’en aura plus », résume-t-il.

Une mécanique qui, selon Roland Lahaye, était prévisible. « Il n’y a pas de barrière hermétique entre les niveaux.  » Et alors que le gouvernement a prévu une mesure transitoire jusqu’à la fin décembre, le syndicaliste redoute déjà la suite : « À ce moment-là, on aura de nouveau de la casse. «