L’actrice lauréate du César du meilleur espoir féminin en 2016 est montée sur scène entourée de policiers et accompagnée de la musique du générique de « Top Gun ». Lunette d’aviateur vissée sur le nez, elle débute ainsi : « Pour être à la hauteur de cette fonction de présidente, j’ai consulté quelques collègues chefs d’État, à l’étranger, des gens expérimentés qui font pas mal parler d’eux en ce moment, et qui m’ont inspiré un programme pour rendre le cinéma français ‘great again' ». Une référence sans équivoque au président américain Donald Trump.
La présidente continue son discours en expliquant que plusieurs choses devront changer pour que le cinéma français soit « performant ». Ainsi, Camille Cottin explique « tous les réalisateurs dont les films feront moins de 500 000 entrées devront s’excuser publiquement et réapprendre leur métier en retournant sur les bancs d’une école de commerce. »
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Elle enchaîne ensuite avec une nouvelle mesure, toujours sur le ton de l’humour. « Un pays fort doit sécuriser ses ressources. C’est pourquoi j’annonce officiellement ce soir l’annexion de la Belgique », déclare-t-elle. « Super acteurs, super techniciens, on va envoyer des sociétés françaises gérer tout ça efficacement. En plus, les Belges sont très sympas, ils ne se battront pas », souligne-t-elle sous les rires de l’assemblée, « Cela dit, l’annexion a déjà commencé. Regardez, Cécile… de France. Donc, on continue comme ça. Virginie Efira sera Virginie de France. Benoît de France, François de France et les réalisateurs, les frères des Ardennes de France. »
Dans la suite de son discours, Camille Cottin a dénoncé le sort réservé aux artistes et à la culture en général, sur un ton caustique : « Nous avons un problème majeur, particulièrement en France : les artistes. Ils jugent, ils critiquent, ils doutent, ils nuancent, ils chouinent… On va continuer à faire de l’art, mais sans les artistes. »
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Et de poursuivre : « Ah, c’est grisant toute cette brutalité : tenir tout ce petit monde dans sa main, serrer, écraser… Ah bah, il est mort le cinéma, c’est con ! Puis, ça va vite. Trois décrets et c’est fini. Cela fait mal d’imaginer un monde dans lequel on pourrait tuer la pensée. Parce que la culture, l’université, la recherche, le journalisme, ce sont nos poumons, c’est ça qui fait qu’on est vivant. Sans cela, on étouffe, on s’entretue. Le cinéma français, il est bien vivant… et fragile. »