Un faux pas jugé assez maladroit pour cristalliser les critiques sur sa maîtrise de la langue de Vondel et sa méconnaissance des dossiers régionaux, imprimant une dynamique négative à ses premières semaines aux affaires.
Boris Dilliès, l’homme qui ne voulait pas être ministre-Président
Blessé par des éditos et des critiques qu’il trouvait injustes, l’homme a d’emblée fait amende honorable, assurant avoir « mis en place une série de mécanismes » pour progresser dans sa maîtrise de la langue de Vondel.
Selon nos informations, confirmées par son cabinet, Boris Dilliès participera dès ce lundi à une semaine d’immersion linguistique au Ceran, le centre spécialisé dans l’apprentissage intensif des langues et situé à Spa, dans l’est de la province de Liège.
Ce planning pourrait toutefois être légèrement décalé à ce mardi, le ministre-Président étant attendu lundi aux funérailles nationales d’Olivier Francotte, le pompier décédé en intervention lors de l’explosion du Treurenberg.
Une méthode intensive et discrète
La méthode Ceran, réputée pour son efficacité et la rapidité des progrès constatés, est bien connue des cercles politiques : de 8 h 30 à 21 h 30, à raison de 60 heures par semaine, les participants sont placés en immersion totale. Une formule intensive facturée, selon le site de l’organisme, à 4 895 euros et dont l’objectif est de libérer la parole plutôt que de s’enliser dans une grammaire trop scolaire.
« Ce séjour au Ceran s’inscrit dans une démarche à long terme, ce n’est pas un one shot, glisse un proche du dossier. Boris Dilliès prend des cours depuis son entrée en fonction et va continuer. »
Les responsables politiques francophones ont moins peur de parler le néerlandais
Le cabinet du ministre-Président ne cherchait pas pour autant à orchestrer l’événement. L’objectif, nous dit-on, n’est pas de créer l’événement en multipliant les interviews en grande pompe sur les plateaux de la VRT ou de la VTM. Certains membres du parti – Georges-Louis Bouchez lui-même – avaient d’ailleurs annoncé ce genre d’interviews en grande pompe sans jamais concrétiser l’essai.
L’enjeu politique est clair : acquérir un niveau de néerlandais suffisant pour interagir sereinement avec ses interlocuteurs au Parlement bruxellois, mais aussi, à terme, redorer une image ternie en Flandre par l’ombre persistante de ce fameux « we zullen zien ».