Le ministre de la Sécurité nationale est coutumier des provocations. Son attitude scandaleuse mérite d’être dénoncée à chaque fois. Mais qu’un ministre du gouvernement d’Israël appelle à assassiner des Palestiniens, y compris ceux qui « ne constituent pas une menace immédiate », des gens qui « ne sont pas des êtres humains » et qui « n’ont pas besoin de vivre », constitue un réel problème pour l’État d’Israël. Ce type de déclaration – et il y en eut d’autres – donne des arguments à ceux qui tentent de prouver qu’Israël mène une campagne militaire à caractère génocidaire à l’égard des Palestiniens de la bande de Gaza et que celle-ci est bien portée par une intentionnalité au niveau étatique.
Israël est censé prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission d’actes constitutifs de génocide, et l’incitation directe et publique à commettre un tel crime, comme le lui a enjoint la Cour internationale de justice (CIJ) dès son ordonnance du 26 janvier 2024. Quand un ministre s’exprime de cette manière, il fait un pied de nez éhonté au droit international mais il porte aussi préjudice à l’État qu’il est supposé servir, en l’exposant au risque des poursuites. Surtout, il sape les fondements mêmes d’Israël et la croyance très ancrée de son peuple qu’un tel crime vécu dans la chair d’aïeux pas si lointains ne puisse jamais plus l’affecter, fût-ce vis-à-vis d’un autre peuple.