Devant les tableaux d’Éric Saveau, à l’atelier-boutique La Sève du Cadre, 8 rue Grollier à La Flèche (Sarthe), la première impression frappe : des couleurs dominent, vives, joyeuses. Pourtant, ce qui est dessiné l’est beaucoup moins. Ce sont souvent des visages, certains semblent pleurer, d’autres flottent comme des silhouettes fantomatiques, presque des ectoplasmes.

Il explique cela par des failles, c’est le point de départ de beaucoup d’artistes. Puis ajoute : Si vous parlez de tristesse, je suis d’accord. Ça fait partie, effectivement, de mon expression, de mon besoin d’exprimer.

Concernant son exposition, il reste malgré tout catégorique : Chacun prend, chacun interprète comme il le veut. Séverine Duveau, qui accueille l’exposition dans son atelier boutique La Sève du Cadre, partage ce constat d’une œuvre qui ne se livre jamais tout à fait : Ce qui est intéressant, je trouve, dans ce que vous faites, M. Saveau, c’est qu’on découvre, on regarde l’œuvre, mais quand on y revient, on revoit d’autres choses qu’on n’avait pas vues. Et on en est bienvenu tout le temps. Je trouve que ces œuvres-là, ce sont des œuvres vraiment vivantes. Très complètes. J’aime bien ça, moi.

« Je ne fais pas comme les autres »

Son inspiration, dit-il, ne vient de nulle part en particulier et de partout à la fois : Je peux être inspiré par une latte de parquet, par exemple […] ou un caillou, ou un bout d’arbre. Je suis un anthropophage […] je vois des formes humaines un peu partout, résume-t-il.

Eric Saveau mêle encre, crayon, pastel et peinture, et souvent, il dissimule des visages qu’il faut chercher longuement pour les découvrir. | OUEST FRANCE
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Eric Saveau mêle encre, crayon, pastel et peinture, et souvent, il dissimule des visages qu’il faut chercher longuement pour les découvrir. | OUEST FRANCE

Concernant sa manière de travailler, ce sont beaucoup de couleurs, des formes, des masques, des personnages que j’ai découpés dans des revues que j’ai intégrées dans mes décors. Le résultat, qu’il classe dans les techniques mixtes, mêle encre, crayon, pastel et peinture, et souvent, il dissimule des visages qu’il faut chercher longuement pour les découvrir.

Lui, en tant qu’artiste, ne se classe dans aucune case. Il n’aime pas ça : Je ne fais pas comme les autres […] j’ai l’impression de ne pas faire comme les autres. Il ne travaille jamais en séries, si ce n’est par petits groupes de trois maximum : Parce que je ne veux pas rentrer dans un moule qui ferait que je ferais toujours la même chose. Chaque tableau, même très différent du précédent, reste selon lui traversé par un même fond intime : C’est moi, je suis dedans, confie-t-il.

L’exposition se clôt le samedi, 19 septembre, date à laquelle l’espace de La Sève du Cadre se transforme à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le jeudi, 24 septembre.