À Cherbourg (Manche) sur les façades, les friches, les blockhaus du littoral, le street art s’affiche partout. Commandes publiques, initiatives citoyennes ou créations spontanées : le territoire est devenu un terrain de jeu prisé pour une scène locale foisonnante. Blesea, Baby K, Näutil, Bibo, Inkoj, et autres artistes y déploient un univers graphique singulier avec pochoirs minimalistes, collages engagés, fresques parfois inspirées de la pop culture et lettrages travaillés de l’univers graffiti. « Le Street Art, est une expression par la peinture en extérieur. Souligne le graffeur Blesea. J’ai débuté cette passion pour le graffiti en 1998, puis mon style a évolué avec les années. Avec la pop culture, des références au cinéma des années 1980-1990, etc. J’aime réaliser des représentations figuratives, des portraits d’être humains ou d’animaux, et des anamorphoses  (Image nette observée depuis un point de vue précis). »

Une commune tournée vers le Street art

Une exploration urbaine et littorale qui séduit habitants et visiteurs. Avec un territoire inspirant et autant de supports qui nourrissent l’imaginaire des graffeurs locaux. Depuis quelque temps, les initiatives se multiplient pour soutenir le street art. Les artistes y trouvent une liberté rare avec la possibilité de travailler sur des surfaces variées, parfois monumentales ou discrètes, et dialoguer dans un environnement chargé d’histoire. Des murs sont mis à disposition, des festivals comme Crème Fresch invitent des artistes talentueux, et certaines commandes publiques permettent de valoriser des quartiers. On découvre des œuvres telles qu’un colibri géant à Octeville, des portraits de Mandela et Hugo à Equeurdreville, et autres créations artistiques sur la voie du Homet, à l’autre Lieu, dans la zone des bassins, le local La Cherche, la lande saint Gabriel, le mur face au Quasar à Cherbourg.

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L’art face à la Mer

Mais l’essence du street art reste aussi la spontanéité, avec des œuvres qui surgissent dans la nature sans prévenir. Souvent sur des structures abandonnées ou des blockhaus sur le littoral. Certaines fresques géantes affrontent la mer, le vent et les marées et ces conditions climatiques extrêmes rendent ces créations éphémères et vouées à disparaître. On peut en retrouver sur les blockhaus des plages de Vauville, Equeurdreville ou sur les batteries du Brulay à Fermanville ou de Néville à Vicq-sur-Mer. Toute une jeunesse qui s’empare de l’espace public pour s’exprimer ses visions de l’art urbain. Chacun apportant sa propre sensibilité graphique et technique.