Le supplément Immobilier du «Temps», réalisé en collaboration avec immobilier.ch, se consacre aujourd’hui à l’immobilier en tant que valeur financière. Une valeur a priori sûre et reconnue.
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Depuis plus de vingt ans, Made in imagine des espaces de vie à quelques pas du parc La Grange à Genève. Derrière la façade vitrée, un matériau signature des cofondateurs François Charbonnet et Patrick Heiz, l’ambiance est calme, à l’opposé de l’illustration apocalyptique du Jardin des délices de l’artiste hollandais Jérôme Bosch placardée sur le mur à l’entrée. Une immense bibliothèque, avec notamment des écrits de penseurs contemporains, encadre les bureaux. Le goût pour l’architecture en écho à la philosophie, ce duo romand le partage depuis les bancs universitaires de l’EPF à Zurich quand ils se sont rencontrés à la fin des années 1990. Dès lors, ils ont cheminé ensemble: d’abord chez Herzog & de Meuron, avant d’ouvrir leur propre structure en 2003 dans la Cité de Calvin. «Au-delà de ces deux centres d’intérêt, nous avons d’autres points communs, comme la géopolitique et la musique, même si j’étais au départ plutôt jazz et lui classique», confie Patrick Heiz.
Architectes reconnus de l’emblématique Villa Chardonne dans le Lavaux, œuvre en verre inaugurée en 2009, ils sont quinze ans plus tard encore sollicités pour parler de cet ouvrage unique en Suisse. Il faut dire qu’avec sa présence métallique en suspension, qui semble plonger dans le lac, elle s’inscrit avec finesse dans le paysage. Ce logement hors du commun est source de nostalgie pour ces deux visionnaires. «La Villa Chardonne, c’était un alignement de planètes, mais nous ne pouvons plus construire le même objet avec les réalités actuelles», commence François Charbonnet. Confiance des clients, soutien des autorités compétentes, prise de risque, les paramètres ont bien changé en 2026. «Nous avions eu une commande pour une maison sur la parcelle d’à côté. La commune nous a fait savoir qu’aujourd’hui, ce ne serait plus possible. Il faut des pouvoirs politiques qui croient en ce type d’architecture et qui sont prêts à la défendre», revendique Patrick Heiz.