C’est à Xin Yumeng que l’on doit ce que d’aucuns ont d’emblée décrit comme un parfait nanar. L’artiste a travaillé avec sa maman, pour des raisons budgétaires, comme il l’a expliqué à un média hong-kongais : « Pour réaliser ce genre de film, il faut du matériel, comme des ordinateurs, des cartes graphiques, etc. Mais le prix monte vite et nous ne pouvions pas nous le permettre ». Cela se voit clairement à l’écran et c’est, précisément, ce qui va créer un incroyable buzz.
Affiches faites à la main
Sorti en salles (ce qui est déjà un mystère en soi) le 5 août, le film est vu, en Chine, par 200 curieux au cours de ses dix premiers jours d’exploitation. Niu Lai est tellement raté que les spectateurs filment l’écran et partagent leurs moqueries sur les réseaux sociaux. Vous aurez deviné la suite : les vidéos postées sur la Toile suscitent la curiosité et le public afflue. Résultat : le film, bouclé avec un budget de 100 000 yuans, soit environ 13 000 euros, est en train de réaliser le casse du siècle sur le box-office chinois. Mi-août, il avait engrangé 2,3 millions d’euros et les spécialistes estiment qu’il pourrait atteindre le chiffre délirant de 17 millions, en bout de course.
Entre ceux qui voient dans Niu Lai le contre-exemple parfait de ce que peut produire l’IA et ceux qui encensent ce retour à une forme d’artisanat, Xin Yumeng ne compte plus, aujourd’hui, ses supporters. « Vous le regretterez peut-être pendant 80 minutes si vous le regardez, mais si vous ne le regardez pas, vous le regretterez toute votre vie », commentait un internaute. À défaut de budget publicitaire et d’affiches promotionnelles – certains propriétaires de cinémas les ont dessinées eux-mêmes ! – le réalisateur s’est offert le plus grand des luxes : celui de susciter la curiosité dans un monde saturé d’images.