Ce phénomène s’explique en partie par la puissance de l’algorithme. Interrogés par le New York Times, plusieurs utilisateurs témoignent de ces contenus. « Je me disais : ‘s’il vous plaît, je ne veux plus voir ça, ça me maintient dans cet état dépressif’. Je ne voulais plus me sentir triste », confie l’une d’elles. La jeune femme explique également vouloir bloquer ces contenus relatifs à une rupture, « mais ils réapparaissaient sans cesse ».
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Suite à ces différentes confidences, le quotidien new-yorkais s’est penché sur le phénomène. Il rappelle toutefois que les entreprises de médias sociaux Google et Meta « font l’objet d’un examen de plus en plus minutieux concernant leurs fonctionnalités addictives et les accusations selon lesquelles leurs algorithmes peuvent proposer aux utilisateurs des contenus nuisibles ». Selon certains experts, ces entreprises seraient incapables de protéger leurs utilisateurs, notamment par leur mauvaise gestion de contenus liée aux ruptures.
« Lorsqu’une personne traverse une rupture amoureuse, le fait d’être tellement immergé dans le contenu et de penser constamment à la personne perdue, pendant une longue période, peut rendre le processus de guérison plus difficile », déclare au New York Times Jodi Halpern, professeure de bioéthique à l’Université de Californie à Berkeley. Cet état de rumination pourrait avoir des conséquences assez graves sur leur santé mentale.
Certains hashtags comme BreakupTok recensent de multiples vidéos sur des ruptures, des récits, des conseils, de la tristesse. Pour Michael Rich, fondateur du Laboratoire de bien-être numérique de l’hôpital pour enfants de Boston, « TikTok semble avoir une capacité remarquable à réagir aux états émotionnels, en particulier en période de vulnérabilité accrue due à une nouvelle solitude ».
« Proposer en continu du contenu relatif à la rupture amoureuse à des personnes qui viennent de se séparer de leur partenaire pourrait les inciter à utiliser l’application trop fréquemment ou trop longtemps, perturbant ainsi leur processus de guérison naturel. Cela risquerait de prolonger leur chagrin, d’entraver leur capacité à faire leur deuil et de les empêcher de tourner la page rapidement », explique-t-il au média américain.
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Ce phénomène s’explique par le fait que l’application analyse le comportement des utilisateurs, dont le temps de visionnage de vidéos, la vitesse de défilement ou encore les mentions « J’aime ».
Le professeur de bioéthique à l’Université de Californie à Berkeley prévient que ces tactiques « ont été associées à une détérioration de la santé mentale et, chez les jeunes, à des comportements suicidaires et à de graves problèmes de santé mentale« .
Par le passé, TikTok aurait reconnu que certaines vidéos pouvaient « renforcer involontairement une expérience personnelle négative pour certains spectateurs, par exemple si une personne qui vient de rompre tombe sur une vidéo de rupture ». Pour remédier à cette problématique, l’application a décidé de proposer la catégorie « Pour vous » afin de suggérer un contenu plus vaste.
D’après les différents témoignages du New York Times, certaines personnes ne subissent toutefois pas ces vidéos. Des témoins ont confié qu’ils appréciaient ces contenus parce qu’ils « contribuaient à normaliser leur expérience ou leur offraient des conseils utiles, comme des méthodes pour gérer leur stress ».