En février dernier, la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année. Alors que celle-ci s’enlise, Kiev cherche à faire bouger ses pions en produisant, par exemple, elle-même les armes dont elle a besoin au lieu d’attendre des livraisons occidentales incertaines. Le pays accélère notamment sur le développement de sa propre bombe planante, Equalizer. Mardi 18 août, Brave1, l’incubateur de technologies de défense, a donné à The War Zone des nouvelles du projet de l’entreprise DG Industry qu’elle soutient.

Également connue sous son nom ukrainien Vyrivniuvach, cette bombe a été dévoilée pour la première fois en mai dernier, mais évoquée dès 2024. Elle a passé les essais avec succès et est aujourd’hui « en cours d’achat officiel pour être fournie aux forces armées », a annoncé le colonel Vladyslav Voloshyn.

L’absence d’un moteur et ses conséquences

Jusqu’ici, Kiev avait dû s’appuyer sur des bombes planantes expédiées par ses alliés, telles que les JDAM-ER et SDB américaines ou encore les françaises AASM-250 Hammer. L’Equalizer reprend le même principe que ces modèles, avec des ailes déployables et un système de guidage qui lui permet de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres après son largage. Mais elle ne possède pas de moteur, comme l’a révélé Yurii Voronkov, le porte-parole de Brave1.

« L’absence de moteur représentait un défi majeur, car la navigation et le pilotage reposent entièrement sur l’inertie et l’aérodynamisme de la bombe elle-même. Cela nécessite naturellement des calculs précis, un équilibrage structurel et des essais approfondis », a-t-il expliqué. Les ingénieurs ont dû travailler méticuleusement sur le poids, la robustesse, notamment en cas de fortes accélérations, la trajectoire et la vitesse de l’engin.

Une autonomie industrielle devenue enjeu stratégique

L’arme a été pensée pour les avions ukrainiens Su-24, Su-27 et MiG-29, mais peut également être utilisée par des F-16 et Mirage fournis par les pays occidentaux, « sous réserve de certifications supplémentaires ». Brave1 affirme que son système de guidage, doté d’algorithmes modernes, doit améliorer le ciblage et la précision des frappes, sans en préciser les détails.

Près de 90 % des composants de l’Equalizer seraient ukrainiens, européens ou américains. « Tout, des ailes au logiciel du contrôleur de vol, a été développé en Ukraine, à l’exception des puces et des microcircuits », se targue encore Yurii Voronkov. D’autres versions de cette technologie pourraient voir le jour à l’avenir dans le pays de Volodymyr Zelensky.