Une paroi immense, striée de fissures verticales, se détache sur un ciel bleu. Entre le minéral dominant et les petits conifères accrochés au versant, Jean-Baptiste Née travaille debout devant une planche posée sur deux tréteaux.

D’une main, il tient deux longs pinceaux ; de l’autre, il pulvérise de l’eau sur le papier. Le plasticien, diplômé des Arts décoratifs, achève ici une résidence de deux semaines. Son atelier, ce sont les parois de l’Ubaye.

Une vocation née à douze ans

Installé à Montreuil, l’artiste doit sa trajectoire à une rencontre décisive. Il a douze ans lorsqu’il découvre le peintre Alexandre Hollan, ami de son père, agenouillé devant un chêne centenaire de l’arrière-pays montpelliérain.

« Il se faisait piquer par les moustiques sans s’en apercevoir tant il était concentré. Cet œil bleu perçant, cette posture, ce lien direct avec l’arbre : c’est là que tout s’est joué. » Quatre ans plus tard, il retourne seul chez le maître chaque été. S’installe alors une relation de disciple qui infusera durablement son rapport au motif.

Un dialogue avec les éléments premiers

Depuis 2015, Jean-Baptiste Née intègre la météo à son processus de création. Il encolle ses toiles sur la pierre,…